Haut les mains, peau de lapin, la maitresse en maillot de bain.

Parce que c’était les vacances. Parce que la littérature est aussi faite pour rire. Parce que Londres, les sorciers et un terrible crime…

 

9782290040362

Les rivières de Londres mélangent les genres : fantastique et polar, principalement. Il est difficile de ne pas penser au Neverwhere de Neil Gaiman. Je ne suis pas particulièrement adepte de Gaiman dont les personnages me semblent bien fades. À ce titre, les personnages de Ben Aaronovitch ont en plus sous le capot. En l’occurrence, nous suivons les débuts dans la sorcellerie de l’inspecteur Peter Grant. Il n’est pas interdit de penser également à Harry Potter.

Une fois lancée, une enquête criminelle est à peu près aussi passionnante qu’une rediffusion de Big Bother, bien que probablement moins riche en sexe et en violence. On n’attrape pas les meurtriers grâce à de brillants raisonnements, mais parce qu’un pauvre plouc a passé une semaine entière à faire la tournée de toutes les boutiques de Hackney qui vendent une marque précise de baskets et à visionner les images de la caméra de surveillance de chacune d’entre elles. (p71)

Cette aventure est très référencée, partie prise totalement assumée par l’auteur. La quatrième de couverture mentionne les séries X-Files et Docteur Who. Il est assez agaçant de voir que l’éditeur place à un même niveau un livre et une série. Pour X-Files, je n’ai pas vu de lien. Les tons des deux œuvres sont radicalement opposés. Quant à Docteur Who, il est explicitement cité par Aaronovitch. On peut donc conclure que la personne chargée de la rédaction de la quatrième de couverture a au moins lu les cent premières pages du roman. Passons. Car s’il est intéressant de situer une œuvre, il est aussi intéressant de voir comment celle-ci se distingue.

Les rivières de Londres peuvent passer pour une énième série de roman entre aventure et fantastique, le tout inscrit dans des tranchées déjà bien labourées. Pourtant, il y a quelque chose de très séduisant dans cette histoire. Peter Grant est un personnage rationnel, mais fantaisiste, ce qui en fait à la fois un excellent héros et en même temps un piètre policier. La plupart des personnages de Aaronovitch sont toujours à un pas du cliché sans jamais l’atteindre. Ils sont faillibles. Cela autorise des retournements de situations imprévues.

Dans son rapport TW-3 affirma avoir vu un groupe d’ICT1 de sexe masculin, vêtus de jeans et de grosses vestes, se battre avec un nombre indéterminé d’IC3 de sexe féminin sur Riverside Road. IC1 est le code d’identification pour les individus de race blanche; IC3, c’st pour les Noirs et, au cas où vous vous poseriez la question, je me situe quelques part entre IC3 et IC6 – Arabe ou Nord-Africains. Ça dépend s j’ai récemment pris le soleil ou pas.(p102)

La plus grande réussite du roman est sans doute le parfait équilibre entre l’intrigue et les digressions drolatiques du narrateur (Peter Grant) : toujours présentes, mais jamais pesantes. Aaronovitch dégage très vite son propre tempo : plus marqué que celui de Gaiman, plus adulte que celui de Rowling.

Bref, voilà, un roman divertissant qui ne vous ramollira pas le cerveau.

 

 

Les rivières de Londres, le dernier apprenti sorcier Tome 1, Ben Aaronovitch, Nouveau millénaire (j’ai lu), 2012, p379.
La suite est déjà paru (GF et poche): Magie noire à Soho T2 et Murmures souterrains T3

En savoir plus sur l’auteur : Ben Aaronovitch. (VO)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s