029-Marie ne nous sauvera pas

Parce que la Salle 101, elle-même, en disait du bien…

029-Marie

 

029-Marie publie aux éditions Anarchasis se présente comme une dystopie. Une société où les rapports physiques ont été abolies. Cependant, une émission de télé-réalité envoie 029-Marie faire du tourisme sexuel interplanétaire.

Le roman est dés lors une oeuvre explicite. 029-Marie commente les rapports sexuels qu’elle engage avec des races extraterrestres. La plupart de ses aventures sont dangereuses. 029-Marie oscille entre plaisir et peur.

Le plus intéressant dans ce récit est les réactions qu’entrainent la diffusion de l’émission. Des descriptions brèves viennent nous montrer les réactions des spectateurs partagés entre l’excitation et la honte. Tous savent qu’ils enfarinent une loi, mais tous sentent se réveillent certains désirs depuis longtemps refoulés.

Il plane alors une forme de menace sur cette société aseptisée. Plusieurs mouvements viennent revendiquer un « retour à la nature ». Cette menace ne parait guère sérieuse pour le lecteur. En effet, Frank Manuel concentre sa narration sur l’action de 029-Marie. Or celle-ci se trouve bien loin de toute inspiration contestataire. Ce personnage qui nous guide à travers une forme de découverte de son corps et de sa sexualité est prise dans des problématiques qui lui sont toutes personnelles. Elle dit elle-même se laisser aller, suivre le mouvement. 029-Marie est embourbé dans un passé qu’elle ne parvient pas à laisser derrière elle. Ses nouvelles expériences sexuelles apparaissent comme une sorte de calvaire, un chemin de rédemption qui lui fera expier… Quoi? On ne sait pas très bien.

L’auteur nous révèle progressivement que 029-Marie a déjà enfreint les règles : elle a eu un ou des rapports sexuels avec un homme, celui-ci a disparu. Ce passé tortueux reste elliptique.

Pour dynamiser les audiences de l’émission, et sans doute la narration, un personnage masculin vient rejoindre l’aventure à mi-romen: 065-Arc. Celui-ci est un criminelle. Il est décrit comme un sociopathe. En effet, il s’est amusé à pirater les implants, DC, de plusieurs centaines de personnes à fin de les contrôler. Tout cela pour son bon plaisir.

La présence de ce personnage masculin n’a guère de sens, si ce n’est la tentative de donné un alter ego à 029-Marie. Cependant, ces deux personnages ne sont obnubilé que par eux-mêmes. Plongé dans l’esprit de 029-Marie s’est l’accompagner dans des divagations narcissiques sur son malêtre. Ce dernier fait passer le dimension sociétal au second plan. Ainsi l’idée – pourtant intéressante – de la prohibition des contacts physiques est sous-traité. L’auteur semble se laisser submerger par les monologues de 029-Marie qui peuvent parfois être gênant. Pourquoi dépeindre la sexualité comme si étrange? Pourquoi dépeindre une sexualité si rudimentaire?

Car les échanges que 029-Marie sont des plus conventionnelles. Une planète, une relation, c’est-à-dire qu’elle se fait baiser. Seul une scène présente 029-Marie face à son corps et là encore, cela donne peu envie.

L’histoire de Frank Manuel éveil l’intérêt mais ne le nourrit pas.

029-Marie, Frank Manuel, Anarchasis, 2014, 192p.

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