Noir, c’est noir…

Parce que La dispute et la louve Noir me l’ont recommandé, je ne pouvais pas résister. 

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Americanah nous raconte la vie d’une femme Nigérianne partie faire sa vie aux États-Unis. Nous suivons son parcours depuis son enfance jusqu’à son retour au pays.

Le récit conté à la troisième personne apparaît très vite comme autobiographique (sans doute plus sur les opinions d’Ifemelu que sur son expérience de vie). Cette troisième personne sonne d’ailleurs souvent artificielle. Il pose une distance qui n’existe pas. Toutefois, il donne la possibilité à l’auteur de romancer cette biographie ; d’y introduire une part de fiction et donc de doute quant à ce qui est vrai ou faux, un peu l’un et un peu de l’autre aussi.

La jeune femme dont nous suivons la vie se nomme Ifemelu, elle vit à Lagos où elle rencontre Obinze. Ils sont alors adolescents (petite parenthèse pour dire que la chronologie est assez floue) et ne vont plus se quitter. Cependant arrivé à l’université, Ifemelu tente sa chance aux États-Unis.

Quelques années plus tard, Obinze fera un tour en Angleterre. La comparaison des deux parcours est assez intéressants.

En effet, si l’on se renseigne un peu sur l’auteur – on spoile un peu le livre – nous sommes face à un parcours plutôt réussit d’émigré : études, travail et enfin la fameuse carte verte. La trajectoire d’Obinze comporte beaucoup plus tâches.

Nous suivons donc ce couple dans les différentes périodes de leurs vies : études, installation, mariage…

Le centre de cette histoire n’est pas seulement une petite ballade dans la vie de. Chimamanda Ngozi Adichie nous emmène sur la route pentue et délicate du racisme, plus exactement elle soulève la question : qu’est-ce qu’être noir aux États-Unis ?

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Le livre démarre au Nigéria, ce qui est l’occasion de découvrir que lorsque l’on est écolier en Afrique point n’est nécessaire d’aller à l’école pied nu en évitant les balles. Quoique depuis le nord du Nigéria est devenu un peu « craignos ». Boko Haram & cie ne passe pas pour des enfants de chœurs. Toutefois dans les années 90, le Nigéria en ville apparaît comme un endroit vivable. Cependant, les universités sont paralysées par les grèves, ce qui pousse Ifemelu à entreprendre des études à l’étranger. Les États-Unis planent comme un spectre étrange au-dessus de ces jeunes : le rêve inaccessible.

Arrivé au pays du hamburger, Ifemelu découvre une chose étonnante : elle est noire. Elle découvre également que cela ne se dit pas. Le rêve se paye cher. Non seulement, parce que lorsque vous êtes noirs dans un pays globalement raciste, beaucoup de choses deviennent très difficiles à accomplir : trouver un travail par exemple. C’est l’occasion pour Chimamanda Ngozi Adichie de nous raconter ses péripéties, tout à tour drôle et pathétique. Le racisme que l’auteur rencontre n’est pas des plus exacerbés, mais le plus souvent le symptôme d’une ignorance crasse. Les blancs ne sont pas les seuls à en prendre pour leur grade. D’ailleurs, c’est là que cette troisième personne vient prendre tout son sens. Il permet à l’auteur de prendre du recul sur l’expérience de son personnage. Celle-ci n’est donc pas un « je » omniscient et moraliste, mais un simple « elle ». Une personne. Ni banale ni unique.

Nous avons donc droit à un discours très humble, il en paraît d’autant plus crédible, et simple. Le récit est didactique. L’auteur veut marquer son point, de ce fait, l’écriture n’est pas chargée.

On peut regretter une traduction maladroite. Il faut dire que nous jonglons entre différents effets de langues : anglais britannique et anglais américain. Le jeu sur les accents et les expressions échappera aux lecteurs francophones. Ce détail ne gêne pas trop la lecture qui reste riche de tout ce qu’elle a nous transmette.

Je rajouterais qu’il est possible de fair en parallèle avec un petit bouquin sortit il y a quelque temps : Debout-payé de Gauz (Le nouvel Attila). Dans les deux cas, nous avons à faire au parcours d’émigrés. Dans le cas d’Americana, Ifemelu part du Nigéria, ancienne colonie britannique, tant dis que les personnages de Debout-payé sont issus des anciennes colonies française. Il y a dans le roman de Chimamanda Ngozie Adichie ce qui manquait à Debout-payé, c’est-à-dire l’exhaustivité. La question du racisme se noyait dans l’exposition de la précarité et des anecdotes drolatique chez Gauz.

Éditeur

 

 

 

 

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