His name is… Brecht Evens

Parce que les hasards de la vie sont bien faits.

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Brecht Evens est un dessinateur belge. Il est né en 1986. Non, ce n’est pas une blague. Oui il est possible d’avoir moins de 30 ans et d’être né en Belgique et de faire preuve de ce que certains pourraient appeler : talent.

Brecht Evens, qui s’exprime en langue néerlandaise, a pour le moment 3 albums traduits en France : Les Noceurs (2011, Acte Sud), les amateurs (2012, Acte Sud), Panthère (2014, Acte sud).

Comme vous le savez, l’ordre et la discipline sont mes maitres mots, ainsi j’ai commencé par la dernière œuvre publiée de cet auteur, c’est-à-dire Panthère. Un album dont le sujet est des plus ambigu. L’histoire débute avec l’euthanasie de l’animale de la famille. Pour combler cette perte, la petite fille, au centre de l’histoire, imagine une Panthère.

Sous les couverts de l’histoire pour enfants, Evens distille un malaise progressif, un élément récurrent de ses œuvres. Panthère prend la forme d’un ami imaginaire. Il n’est pas interdit de voir quelques échos à Peter Pan. Les visites de Panthère se font de nuit. Elles sont tout à tour réconfortante, mais aussi intrusive. Les interprétations sont libres. C’est sans doute l’aspect le plus problématique de cet album, le propos apparait finalement peu maitrisé. On est également tenté de penser que l’auteur joue avec son lecteur comme la Panthère joue avec la petite fille.

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Le deuxième album, les amateurs, est beaucoup plus facile d’accès, traitant d’un sujet plus classique. Un artiste est invité lors de la première Biennale d’un petit village. Le récit » tourne autour de la rencontre entre une sorte d’élite culturelle et d’amateur en quête de divertissement. Que peuvent-ils construire ensemble ? L’histoire est très bien tournée. Elle est sans doute la plus légère, mais aussi la plus drôle. Malgré, un album peu bavard, Evens présente une série de personnages qui prennent vie.

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Le premier des trois intitulés, les noceurs suivent quelques personnages au cours de leurs pérégrinations nocturnes. L’album auquel je peux le plus m’identifier dans la mesure où les personnages sont jeunes et fêtards.  La description des soirées est tout à fait l’image de ce que l’on tous pu vivre, je crois : un mélange d’euphorie et de désespoir de donner de la consistance à nos vies.

Avec Brecht Evens, on passe très vite de l’innocence enthousiaste à une forme d’angoisse de l’existence. Tout passe dans le trait du dessin, indescriptible. Vraiment, ces albums m’ont bluffé. C’était une vraie bouffée d’oxygène après le vraiment terne « ici » de Mcguire.

 

 

Ni ici, ni maintenant

La BD que je voulais tellement aimé. 

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Oui, l’évènement BDesque de l’année est parvenu jusqu’à moi dans des délais presque raisonnables. J’ai mis le temps à m’y plonger, car l’engouement avait déjà eu le temps de redescendre. Ce qui pouvait être une bonne chose. Toutefois, je ne suis pas allé jusqu’au bout. Oui, c’est un peu la honte, car c’est une BD avec très, très, peu de texte. Je suis toutefois arrivé à me demander quel était l’intérêt de toutes ces pastilles? Et puis, j’ai dépassé ce stade pour carrément me faire chier.

Explications. Ici, pou ceux qui ne le savent pas, rassemble une série de vignettes imbriquées les unes dans les autres. Chacune appartient à une époque différente, mais chacune appartient au même lieu. Nous suivons l’évolution de cet endroit et les différents personnages qui vont le parcourir dans le passé, le présent et le futur. Les époques se font face dans le désordre. Les bonds dans le temps peuvent être assez cours, ce qui amène à imaginer l’histoire d’une même famille à différents âges. Les écarts temporels peuvent également être très éloigné : siècle voir millénaire. Là, mon imagination a peiné.

Ces brèves images d’époque et de personnes m’ont laissée pantoise. J’ai cherché des échos, une trame, un message. Rien. « Ici » est concept, quelque chose de symbolique, sans doute. Alors j’ai cherché une ambiance, une représentation de la vie. Rien. Là encore, je n’ai rien vu. Derrière une organisation des cases et de la lumière très droite et géométrique, le trait du dessin est flou. Les personnages sont insaisissables. Les mises en scène qui nous sont présentées restent à la surface. On ne pénètre pas dans l’intimité. Non pas que je sois en quête de voyeurisme. J’ai désespérément essayé de m’accrocher à quelque chose dans cette BD, quelque chose de personnel, de drôle. Rien.

Je crois que je peux même pousser la critique en ajoutant que cette œuvre est conformiste. Il n’y a pas de surprise dans la représentation de l’avenir de Mcguire. Lorsque les premiers couples interraciaux apparaissent, je me suis forcément. Il en va de même pour les Indiens. L’histoire, petite ou grande, défile sous nos yeux passivement.

Éditeur.

De la nourriture pour le corps

Crevettes au curry

 

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Ingrédient pour 2/3:

300gr de crevettes
2 carottes
1 oignon
200gr de Lait de coco
Curry en poudre
Piment de cayenne en poudre
Sel
Poivre

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Précuire les carottes (à la vapeur au micro-onde pour moi); Faire revenir l’oignon dans une poêle.
Dans une casserole en parallèle mettre à bouillir de l’eau pour le riz. Lorsque l’eau boue verser le riz.
Quand l’oignon commence à dorer ajouter les carottes précuites, puis les crevettes et enfin le lait de coco. Assaisonner avec les épices et laisser réduire progressivement.

Logiquement, les carottes seront fondantes. Si vous n’avez pas la main trop lourde sur le piment de Cayenne vous aurez un mélanger tout doux.

Toits superbes ! froids monuments ! Linceul d’or sur des ossements ! Ci-gît Venise.

Quelle meilleur guide pour Venise que Corto Maltese?

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Après mon escapade à Venise, je me suis plongée dans cette aventure de Corto. Le fait est que je connaissais le personnage de nom, mais ne l’avait jamais lu. Je n’ai sans doute pas été très maligne de commencer par cette aventure aux débuts plutôt obscurs.

Pour rappel, Corto Maltese est le personnage du dessinateur italien Hugo Pratt. Ses aventures sont publiées dans les 70. Corto, lui, évolue au début du 20e siècle. Les Fables de Venise correspondent à sa 25e aventure. Précision, vous avez dit ?

Corto débarque à Venise sur les chapeaux de roues en interrompant une réunion de francs-maçons. Corto arrive comme un cheveu sur la soupe, ce qui semble être une caractéristique du personnage. Nous suivons la présentation des protagonistes et du décor à travers le regard ironique de l’aventurier.

Si les éléments se mettent péniblement en place, beaucoup chose sont éludés, l’histoire prend forme. Corto est à la recherche d’un bijou précieux. On n’en dira pas plus, ce serait gâché le plaisir. Si certains personnages secondaires se déplacent comme des pions, sans personnalité, d’autres éveillent un véritable intérêt, comme Boëke guide de Corto dans la sérénissime.  Le dénouement de l’énigme ne manque pas de piquant. La preuve que Corto Maltese n’est pas un aventurier benêt, mais un admirateur des mystères du monde. Il choisit d’ailleurs de magnifiques endroits pour les découvrir. Venise est excellemment représenté. Bien que je ne sois pas allé jusqu’à investir dans le guide de Venise par Corto. Je n’ai donc pas reconnu les lieux dessinés, toutefois l’ambiance était tout à fait familière. Ce fut d’ailleurs très agréable de s’y replonger dedans.

Les Fables de Venise ne sont sans doute pas la meilleure introduction aux aventures de Corto, toutefois elle suscite suffisamment la curiosité pour vouloir en apprendre plus sur ce personnage mythique.

En dernier lieu, je préciserais que les rééditions par Casterman ne rendent pas justice aux dessins.

Éditeurs.

 

 

Grotesk!!

La fille qui n’aimait rien, n’aime bien peu de choses en ce moment. Elle s’est même laissé aller à poursuivre sa série préférée, Le Dernier apprenti sorcier, et à en être déçue.  Peu importe, il reste la BD. Pour son anniversaire, Monsieur bien informé des gouts de la dame a eu l’intelligence de lui offrir :

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J’avais déjà eu l’occasion de lire Olivier Texier à plusieurs reprises. Rappelez-vous l’hilarant : Marv et Johnny. Les strips de Texier ont été reprises à plusieurs reprises par des revues comme l’oubliable Aaargh et les indispensables Franky et Nicole. Je pense que l’on peut objectivement dire que cet auteur indépendant est en passe de devenir une rock star.

Grotesk 2 rassemble donc des séries d’une page, soit quatre cases. La précision est importante. Rapide et drôle. Certaines tomberont à côté de vous, mais globalement toutes vous enchanteront à leur manière.

O. Texier est l’ennemi du bon goût. Il faut pouvoir l’apprécier. Les corps difformes, les êtres déviants et pires. Tout cela étant toujours drôle.

Bref, ne vous en privez pas.

Aux éditions Même pas mal.

 

Le temps guérit tout ou presque…

Honnêtement, si l’Homme ne me l’avait pas mis dans les mains, je ne l’aurais jamais lu. Et j’aurais eu tort…

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La Guerre éternelle est ce qui s’appelle un chef-d’œuvre de la SF, dans le milieu. Pour ceux qui ne sont pas « du milieu », il est possible que cela n’ait aucun sens. Ce roman de Joe Haldeman est d’abord paru aux États-Unis en 1974, plutôt normal puisque l’auteur est américain. L’ambition de l’auteur étant d’en faire une parabole de la guerre du Vietnam, dont il est un vétéran. Il existe un réel parallèle entre le personnage principal et Haldeman. Il gagne nos latitudes en 1976 couronnées de prix : Hugo, Nebula et Locus.

Trente ans plus tard, les éditions J’ai Lu/Nouveau Millénaire nous propose une réédition, nouvelle traduction. Lifting intégral pour la Guerre éternelle.

Car trente ans plus tard, la Guerre éternelle a toujours un sens. William Mandella a été recruté par l’armée pour construire une station sur une planète fort, forte fontaine. Pour atteindre cet endroit, il faut rester en vie et surtout passer par des trous « collapstar », grosso modo atteindre la vitesse de la lumière. Cependant, cette vitesse vient influé notre perception du temps. Les compétences pour expliquer ce phénomène m’échappent complètement. L’idée étant que lorsque Mandella effectue une mission d’un an dans l’espace, un demi-siècle s’est écoulé sur terre. Cet effet met en avant le décalage ressenti par les soldats lors de leur retour du front. Les évolutions de la société sont troublantes, parfois des avancés, parfois des régressions aux yeux de Mandella. Plus le temps passe, plus les transformations cette société lui apparaissent tout simplement étrangère.

Ce décalage est sans doute le mieux expliqué à travers la place de l’homosexualité. Lorsque Mandella quitte la terre, nous sommes dans les années 90. Les hétérosexuels sont devenus la norme. Or la tendance s’inverse quelques siècles plus tard, plongeant notre héros dans une totale perplexité. Ce renversement est assez intéressant. Sans tomber dans l’homophobie crasse, on ressent le malaise. Mandela a quitté la terre en étant un homme « normal », il revient en tant « qu’originale ». Cet élément est assez divertissant et intelligemment présenté.

Sous ces aires de space opera brutal et divertissant, la guerre éternelle explore des thématiques des plus sérieuses. Mandela participe à une guerre dont il ne connait pas l’ennemi. Les batailles se passent comme hors du temps, hors de toute réalité. Haldeman retranscrit sans jugement moral l’incohérence des combats. Il pourrait alors s’agir de n’importe quel conflit armé.

 

Editeur.