Le temps guérit tout ou presque…

Honnêtement, si l’Homme ne me l’avait pas mis dans les mains, je ne l’aurais jamais lu. Et j’aurais eu tort…

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La Guerre éternelle est ce qui s’appelle un chef-d’œuvre de la SF, dans le milieu. Pour ceux qui ne sont pas « du milieu », il est possible que cela n’ait aucun sens. Ce roman de Joe Haldeman est d’abord paru aux États-Unis en 1974, plutôt normal puisque l’auteur est américain. L’ambition de l’auteur étant d’en faire une parabole de la guerre du Vietnam, dont il est un vétéran. Il existe un réel parallèle entre le personnage principal et Haldeman. Il gagne nos latitudes en 1976 couronnées de prix : Hugo, Nebula et Locus.

Trente ans plus tard, les éditions J’ai Lu/Nouveau Millénaire nous propose une réédition, nouvelle traduction. Lifting intégral pour la Guerre éternelle.

Car trente ans plus tard, la Guerre éternelle a toujours un sens. William Mandella a été recruté par l’armée pour construire une station sur une planète fort, forte fontaine. Pour atteindre cet endroit, il faut rester en vie et surtout passer par des trous « collapstar », grosso modo atteindre la vitesse de la lumière. Cependant, cette vitesse vient influé notre perception du temps. Les compétences pour expliquer ce phénomène m’échappent complètement. L’idée étant que lorsque Mandella effectue une mission d’un an dans l’espace, un demi-siècle s’est écoulé sur terre. Cet effet met en avant le décalage ressenti par les soldats lors de leur retour du front. Les évolutions de la société sont troublantes, parfois des avancés, parfois des régressions aux yeux de Mandella. Plus le temps passe, plus les transformations cette société lui apparaissent tout simplement étrangère.

Ce décalage est sans doute le mieux expliqué à travers la place de l’homosexualité. Lorsque Mandella quitte la terre, nous sommes dans les années 90. Les hétérosexuels sont devenus la norme. Or la tendance s’inverse quelques siècles plus tard, plongeant notre héros dans une totale perplexité. Ce renversement est assez intéressant. Sans tomber dans l’homophobie crasse, on ressent le malaise. Mandela a quitté la terre en étant un homme « normal », il revient en tant « qu’originale ». Cet élément est assez divertissant et intelligemment présenté.

Sous ces aires de space opera brutal et divertissant, la guerre éternelle explore des thématiques des plus sérieuses. Mandela participe à une guerre dont il ne connait pas l’ennemi. Les batailles se passent comme hors du temps, hors de toute réalité. Haldeman retranscrit sans jugement moral l’incohérence des combats. Il pourrait alors s’agir de n’importe quel conflit armé.

 

Editeur.

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