L’Arabe de Riad Sattouf

Il y a un an, l’Arabe du futur était publié aux éditions Allary. Un an, c’est le temps qu’il a fallu à cette BD pour atterrir entre mes mains accompagnées des bonnes recommandations de la Louve noire.

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Infortunément, l’arabe du futur partait avec un handicap : l’acclamation de la presse et une récompense à Angoulême.

De plus, son auteur, Riad Sattouf, ne fait pas partie des personnes dont le travail m’interpelle particulièrement. Jugé plutôt, l’homme a réalisé les Beaux gosses, mais aussi Jacky au royaume des filles. J’ai un vague souvenir du premier, qui m’a fait comprendre que les films adolescents à la Titeuf ne me concernaient pas. Ni aujourd’hui ni aux mauvais temps de mon adolescence. Je me suis épargné le visionnage du second dont tout me faisait envisager le pire.

N’écoutant que mon courage, bravant les recommandations de Télérama, je me lançais dans la lecture de l’Arabe du futur (1978-1984). Durant 160 pages, Sattouf nous raconte sa petite enfance : la rencontre de ses parents, sa vie en Libye puis en Syrie.

Nous suivons les voyages de cet enfant accompagné du point de vue de l’auteur. Cette approche soulève déjà deux problèmes. Tout d’abord, Sattouf tente de raconter son histoire au travers des yeux « naïfs » de l’enfance. Le procédé rend la lecture laborieuse : 160 pages d’une histoire racontée par un enfant. La naïveté frôle parfois la niaiserie. Dans l’espoir de relever le niveau, Sattouf adopte, l’air de rien, un point de vue d’adultes. En fait, il ne nous raconte pas son enfance, mais ce dont il s’en souvient. Une partie du récit apparaît forcé, le plus souvent lorsque le père est en jeu.

Enfin, tout récit autobiographique mis en BD souffre de la comparaison avec Persépolis. Ce dernier se montrait drôle et intense, là où Sattouf délaye et larmoie.

Je crois aussi que les « avantages » du récit autobiographiques s’effritent à chaque publication. Passer du particulier au général, pourquoi pas ? Encore faut-il que l’histoire particulière s’y prête. Or l’histoire de Sattouf est très particulière, encore qu’elle croise la grande histoire à de nombreuses reprises. À mon sens, l’accumulation de détail du récit empêche toute généralisation.

L’Arabe du futur (78-84) se concentre sur la figure du père, celle-ci fait peine à voir. Après une thèse d’histoire soutenue en France, Sattouf sénior devient professeur. Il a une « vision » du monde arabe, quelque chose comme une dictature éclairée. Bref, le père est un héros aux yeux de son fils. On salue l’imagination très fertile de Sattouf junior. Bien sûr, les enfants voient les choses différemment. Figurez-vous que cette vision enfantine est profondément lassante au fil de ces 160 pages.

Il faut glisser un petit mot sur la mère de Riad. Celle-ci est un fantôme, placé en arrière fond, elle suit son mari, pour ne pas dire subi. Nous le voyons, mais Riad ne dit rien. Cela a dû échapper à son regard d’enfant. L’auteur garde sous le coude les péripéties et l’on imagine, souhaite, un prochain divorce. Si la mise en scène d’une femme soumise ne peut être reprochée à Sattouf l’auteur, on peut regretter qu’il n’en fasse rien. C’est le cas de beaucoup d’éléments effleurés au cours de l’histoire. Vu tout l’ennui que j’ai éprouvé à la lecture de ce premier volet, je me demande bien pourquoi avoir découpé cette histoire en trois volumes.

Quant à l’Arabe du futur, je ne l’ai pas aperçue. Sans doute, fera-t-il son apparition au tome 3 ? Personnellement, je ferais l’impasse. L’Arabe du futur vu par Riad Sattouf ne m’intéresse pas.

Éditeur.

 

 

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