Du végétarisme et des livres

Poursuivant ma quête vers toujours plus de connaissances vers le végétarisme, je me suis attelée à la lecture de deux oeuvres. J’ai aperçue les références de la première dans les pages de « Je sais cuisiner végétarien » aux éditions La Plage, il s’agit de Binoche, l’industrie de la viande menace le monde de Fabrice Nicolino. La seconde m’a été recommandé par la Louve noir (végétarienne depuis 3 ans maintenant), il s’agit de Faut-il manger des animaux de Jonathan Safran Sfoer. 

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Fabrice Nicolino est journaliste, né en 1955. Il s’est fait une spécialité des questions d’environnement et a déjà publié un certain nombre de livres. Nicolino a failli devenir célèbre le 6 Janvier dernier, heureusement il n’est pas mort dans les locaux de Charlie Hebdo, journal pour lequel il tenait une rubrique hebdomadaire. Seulement blessé, Nicolino a eu l’immense privilège de rester sous le feu des projecteur et d’aller croupir à l’hôpital. Vous pouvez suivre ces pérégrination vers la guérison (?) sur son blog, ainsi que glaner des informations sur l’écologie.

Le premier chapitre de Bidoche décrit des images issues de documentaires. On peut y reconnaitre Earthlings (cité par l’auteur). S’il l’on a déjà vu le film de Shaun Moron, on peut passer. Dans le cas contraire, cela peut être l’occasion de « découvrir » l’enfer des abattoirs et de l’élevage sans vomir.

C’est à partir du chapitre 2 que le livre débute vraiment. Fabrice Nicolodi a historicisé son analyse de l’industrie de la viande. Il nous ramène, entre autres, en 1970 années de diffusion d’une émission étrange intitulée « Sauver le bœuf ».

En remontant un peu plus le temps, Nicolodi nous emmène au lendemain de la guerre. La priorité est d’alimenter l’Europe, celle-ci étant jugée retardée. Les élevages ne sont pas aussi bien industrialisés qu’aux États-Unis. En s’inspirant de nos cousins américains, les éleveurs construisent progressivement leur propre méthode. C’est l’occasion de se rendre que le « poulet » que nous mangeons n’est déjà plus un simple poulet, mais un être issu de croisement génétique qui le pousse à plus de rentabilité.

C’est ainsi que nous découvrons la poule « Vedette 2 ». Celle-c  est la création d’un éleveur français (bien inspiré par les Américains et avec le sens des affaires) et de l’INRA. Cette poule est donc issue d’un premier croisement avec des poules américaines (qui pondent des oeufs roux etœon blanc) avec une poule naine. Pourquoi créer une poule naine? Car elle ma ngera moins et pondra autant d’oeufs.

La recherche sur les animaux est au coeur du livreœe Nicolino. Les animaux que nous mangeons sont proches de Frankenstein. Tous les animaux sont concernés. Les vaches pour leur lait. Les porcs pour leur gras.

Nicolino, qui a précédemment publié un livre sur les pesticides, n’oublie pas de nous parler du soja. Non pas celui que les végétariens (végétalien, Vegan, etc.) mangent. Celui que nous servons à nos bêtes. En effet, l’industrie s’est rendu compte que le soja était plus riche que l’herbe. Une nourriture plus riche signifie une bête plus grosse. Et si vous augmentez la charge pondérale de votre être, vous vendez plus de viande tout en élevant le même nombre de bêtes. Même schéma qu’avec la poule.

D’où vient le soja? D’Amérique  latine. La nourriture de note bétail parcours quelques 8 kilomètres. Pourtant l’Amérique latine n’est pas le territoire le plus adéquat pour la culture de cette plante. Surtout dans la mesure où une partie du territoire est occupé par la forêt amazonienne. Bagatelle, là où l’industrie passe, l’environnement trépasse.
Là où il y a agriculture, Monsanto n’est pas loin. Ainsi, en plus de fournir des pesticides, tel que le round-up, le roi de l’OGM fournit la plante qui pourra survivre au dit pesticide. Si vous êtes un agriculteur, vous passer votre champ au Round up, ce qui aurait pour effet de détruire toute forme de vie. Par dessus vous semez du Soja RR (Round up Ready). Repasser dans quelques semaines et vote soja a germé.

On passe sur le nombre de médicaments ingérés par les animaux. Comprenez que les bêtes que vous mangez ou mangiez sont d’abord issues de croisement génétique, similaire à l’eugénisme, nourri aux pesticides et en fin nourrie aux antibiotiques. L’industrie pharmaceutique veut aussi sa part.

On s’arrête un instant sur cette anecdote. La recherche sur la viande est tellement active qu’elle s’est lancé sur la piste de la création de viandes sans animaux. Ce nouveau procédé aurait été applaudi des deux mains par des végétariens et PETA. Substituer de la merde à de la merde n’est pas une solution, quand bien même les animaux n’en souffriraient pas. (p331)

L’essai de F. Nicolino retrace les acteurs de l’industrie. On passe par les chercheurs de l’ira, les lobbyistes, les députes chasseurs (ou opportunistes ou les deux), les agriculteurs… Évidemment, rien n’est parfait et le dernier chapitre s’écarte. L’auteur devient généraliste en nous ramenant aux époques et culturel où les animaux étaient l’objet de culte. Ce n’est guère convaincant, car l’on n’est pas sûr que ces considérations étaient « meilleures ». Une conclusion en demi-teinte pour un livre pourtant captivant. Il faut rajouter un second bémol, la lecture de Bidoche n’est pas des plus aisée. Le style de Nicolino peut être dur à suivre, les digressions sont nombreuses et le phrasé tortueux.

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Ce défaut d’écriture nous ai épargné dans le best-seller faut-il manger des animaux? De Jonathan  Safran Sfoer. Les deux livres se font échos dans leur description du traitement des animaux d’élevage, mais aussi dans certaine de leur référence, notamment Kafka. Safran Sfoer se concentre sur deux questions. La première traite de la place de la viande dans nos sociétés. Comment maintenir un lien social fort si l’on ne peut plus partager de la nourriture? La deuxième  s’intéresse au dilemme entre deux positions : végétarism  et omnivore responsable.

Safran Sfoer part à la recherche d’éleveur responsable. D’endroit, mythique, où les animaux ne souffrent pas. Ce voyage dans les États-Unis d’Amérique est intéressant. On y croise une éleveuse végétarienne. Un paradoxe aussi étrange que celui des républicains homosexuels. Les difficultés rencontrées par ces éleveurs responsables nous renseignent sur les dégâts causés par l’industrie de la viande. L’un des éleveurs a vu ses dindes classées au patrimoine national! Elles sont  les seules dindes des EU a ne pas être « génétiquement modifié ».

Toutefois, on est frustré, car ce chemin vers le végétarisme est déjà vu. Les arguments pour ne pas manger de la viande sont nombreux. Les redites paraissent nombreuses après la lecture de Bidoche. J’aurais voulu que Safran Sfoer élargisse sa pensée en parlant du véganisme. S’arrêter au végétarisme, c’est s’arrêter mi-chemin de l’argumentation. C’est aussi un point de vue « radical ». Faut-il manger des animaux s’adresse à des omnivores qu’il ne faut pas bousculer, faire passer le végétarisme en douceur et avec un peu d’humour. Sa lecture n’en est que plus agréable.

On peut apprécier l’effort de l’auteur à réintégrer la question du végétarisme dans les rapports sociaux à travers la fête de Thankgiving. Comment célébrer les fêtes de fin d’année sans viande dans une société d’omnivores? Évidemment,  cela ne parlera pas à tout le monde. Il faut se projeter un peu loin. Tout comme l’auteur évoque le rôle de sa religion dans sa réflexion. Là aussi, il faut s’accrocher. Au moins, Jonathan Safran Sfoer a le mérite de nous rassurer. Être végétarien, ce n’est pas grave. Nous pouvons toujours nous réunir avec nos amis et notre famille autour de bon repas.

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