Deux petits échecs

Il était une fois une petite librairie nommée Scylla, domiciliée au 8 rue Riesener dans le 18e, c’est-à-dire tout à la fin de la ligne 8 ou tout au début, c’est selon… Scylla s’est spécialisée dans la littérature « science fictive » et propose quelques Bds. Bravant la crise, Xavier Vernet, chef d’orchestre, se lance dans l’édition. Il a accompli ses premières armes au sein de la structure associative Dystopia, qui avait entre autres investi dans des auteurs tels que Léo Henry et Jacques Mucchielli. Cette nouvelle aventure, comme on dit, était tout aussi prometteuse que douteuse. En effet, le chef d’orchestre a décidé de s’appuyer sur un financement participatif. Un type de financement qui me laisse froide, peu importe. Xavier Vernet fait les choses bien en présentant le budget et les deux œuvres de lancement pour lequel les lecteurs sont invités à mettre la main à la patte. Je me laisse tenter.

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Le résultat arrive quelques mois plus tard. Les deux œuvres sont Il faudrait pour grandir oublier la frontière de Sébastien Juillard et Roche-nuée de Garry Kilworth. Les deux livres sont beaux. Ils sont présentés sous différents formats (numérique, papier, relié avec ou sans étuis). Je me suis contentée du plus modeste sans regret.

Il faudrait pour grandir oublier la frontière est une novella de 111 111 signes et initie une collection dont les textes feront 111 1111. Passons sur ce concept inintéressant pour nous intéresser au fond de l’affaire. Sébastien Juillard nous propose un texte qui explore le conflit israélo-palestinien. Il faudrait pour grandir oublier la frontière nous emmène dans un futur pas très éloigné dans lequel les deux pays ont initié un processus de paix.

À travers différents personnages, l’auteur nous présente cette paix. Nous suivons donc : un homme politique palestinien, un militant palestinien, une soldate israélienne enseignante auprès de femmes gazaouites et un ingénieur qui a perdu sa fille.

Pour couper cours au suspens, ce livre ne m’a pas convaincue et même agacée. On peut l’aborder sous deux angles. Tout d’abord, les personnages sont froids et passifs. L’auteur nous les présente de manière elliptique créant un mystère artificiel à leur sujet. Ils deviennent des pions dans l’histoire. Chacun finit par trouver sa place sans que le lecteur ne se sente jamais concerner. À grand renfort d’adjectifs, S. Juillard leur plaque des maux et des doutes, tout aussi artificiels. Dans un second temps, la résorbassion du conflit se met en scène. La paix proposée par Juillard est assez proche au conflit actuel, ce qui est assez paradoxal. Israël contrôle militairement le territoire. Une partie des Palestiniens semblent insatisfaits par le traité et ce sont des soldats israéliens qui viennent dispenser l’éducation auprès des gazaouites. En restant le plus consensuel possible, je peux dire que ce livre, volontairement ou involontairement, penche du mauvais côté. Tout du moins, il penche d’un côté ce qui ne me paraît pas être une bonne stratégie pour qui veut analyser ce conflit. Pour ceux qui penseraient que l’auteur va dans la bonne direction, je leur rappelle que les personnages sont des trous noirs. Bonne chance pour leur lecture.

Roche_Nuee

Le second roman proposé par les éditions Scylla s’intitule Roche-Nuée. Il s’agit d’une réédition. Roche-nuée a tout d’abord été publié par Denoël dans la collection Présence du futur en 1988. Je n’ai pas pris la peine de le finir. Il a sombré dans les tréfonds de mon sac où je l’ai oublié.

Le récit se situe à une époque inconnue que l’on s’accorde à décrire comme « préhistorique ». On y suit un personnage étrange rejeté de sa tribu, mais errant comme une ombre autour de ceux qui l’on rejeter. Malgré l’attachement, cette chose développe un ressentiment inavoué. Cet aspect de la personnalité du narrateur le rendra peu sympathique. Je ne sais pas où l’histoire nous conduit, toutefois le chemin m’a paru bien long et pesant.

Le début des éditions Scylla me laisse un sentiment mitigé. Les livres sont beaux et l’on ne doute pas du travail fourni toutefois les textes ne sont pas à la hauteur.

 

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