Bad Boy Bubby

Bad boy Bubby n’est pas un film récent (1993). Il ne bénéficie pas d’une réputation (bien que récompensé du prix du jury. Je n’en avais jamais entendu parler. Cependant, ce film a été restauré et rediffusé dans les cinémas [Art et essais principalement]. Il a eu les honores d’une chronique dans l’émission La Dispute, mon prescripteur culturel de référence. Les animateurs ne tarissaient pas d’éloges à son sujet, je me suis donc lancé.

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Bad Boy Bubby nous raconte la vie de Bubby 35 ans et séquestré par sa maman. Bobby a une connaissance de la vie plutôt limitée. C’est un choc lorsque son père jaillit de nulle part et qu’il doit quitter le nid familial.

Le premier quart d’heure se déroule dans un huit-clos saisissant d’angoisse. La vie de Bubby est glauque et ne manque pas de provoquer le malaise.

Une fois dehors, Bubby découvre le monde et la société australienne qui va avec. Le voyage est surréaliste. Il se compose d’une série de moments chacun est la source d’une découverte. Celles-ci ne sont pas formelles ou moralistes. Elles peuvent être aussi banales que l’achat d’une pâtisserie ou extraordinaires par la rencontre d’un riche industriel se lançant dans un discours anti-Dieu.

Progressivement, Bubby assimile différents éléments qui éventuellement l’aident à se construire. Ses rencontres sont tour à tour violentes, burlesques, tristes, sexuelles. Déconcertant, Bad boy Bubby reste toujours drôle. Bobby et le monde se rencontrent dans un choc qui ne laisse jamais indifférent. Nos échanges sociaux paraissent subitement étranges. Bobby grandit et acquière des codes. En plus d’assimiler, il est assimilé souvent par un malentendu. Il finit à ressembler plus ou moins à une rencontre entre Nick Cage et Jack Nicholson [Vol au-dessus d’un nid de coucou].

Ce voyage est accompagné d’un travail technique impressionnant. Au visionnage, il apparait très vite qu’un travail particulier a été fait sur le film. Bad boy Bobby est un film très bruyant. Les sons submergent le spectateur. Pendant qu’une violiste jour, les sirènes des pompiers rugissent. Les petits sons du quotidien sont présents. Tout cela est dû à un enregistrement binaural, c’est-à-dire l’enregistrement du son par des micros placé dans les oreilles de l’acteur principal [Nicoas Hope].

D’un point de vue formel, on peut également signaler que 32 chefs op » ont défilé, chacun filmant une scène. J’ai découvert ces informations à la suite du visionnage et parais tout à fait cohérent avec l’expérience vécue. Dans une certaine mesure, les moments d’apprentissage que traverse Bobby pourraient être pris séparément comme de mini court-métrage. Chacun possède une patte.

J’ai donc découvert un petit chef-d’œuvre. Son réalisateur Rolf de Heer n’est certainement pas le plus en vue des réalisateurs. Ses sujets ne sont pas des plus glamour. Son dernier film Charlie’s country nous emmène dans le Bush Australien. Charlie, aborigène australien, décide de renouer avec les terres sauvages. Le film a connu un très bon accueil critique [Oscar du meilleur film en langue étrangère et dans la sélection un certain regard où l’acteur David Gulpilil reçoit le prix du meilleur acteur.] Bref, un film à voir. Rolf de Heer s’était déjà penché sur la question des aborigènes australiens dans le film : 10 canoës, 150 lances et 3 épouses. Il a également adapté le roman de Luis Sepulveda : Le Vieux qui lisait des romans d’amour. Autant de choses qui rendent ce réalisateur très sympathique à mes yeux.

Interview de l’auteur par Télérama.

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