De la lutte pour le droit des femmes

Les Suffragettes ne s’annonçaient pas être un film d’exception. Adressées à un large public, les affiches annonçaient un film qui allait « toucher le cœur des femmes ». Le casting beaucoup trop clinquant était également un indice, mais bravant tous les signes je m’aventurais dans les salles de cinéma. Entre temps, les barbus avaient frappé et nos furent fouillé à vue, un procédé tellement convivial !

041661

Les suffragettes ne m’ont pas déçu. Je peux même dire que cet œuvre a dépassé tous mes espoirs. Ce film est profondément mauvais à tel point que je pense qu’il ne rencontrera pas le large public visé.

La première chose qui frappe est la pauvreté de la réalisation. Sarah Gravons, réalisatrice britannique et inconnue de mon bataillon, suit son personnage la caméra brinquebalante à l’épaule. Ainsi une grande partie des scènes est floue. Cette façon film devient vite désagréable dont le but semble plutôt de cacher le manque de figurants dans les scènes de manifestation qu’un quelconque effet esthétique. Ce flou artistique dessert également la reconstitution historique des bâtiments et des rues qui n’apparaissent pas à leurs avantages.

Je m’attarde sur la forme, car le fond est bien profond. Si pauvre qu’il est difficile de trouver quelques à en dire. S. Gravons s’engage sur une deuxième partie celui de ne pas suivre les chefs de file du mouvement, mais de s’attarder sur un groupe banal de suffragettes. Cependant, là aussi, on n’y croit pas. Ces femmes, qui accomplissent l’épreuve exceptionnelle de se rebeller contre leurs employeurs, contre leurs pères, contre leurs maris, mais aussi leurs amis femmes restent banals. Il faut souligner que notre chère réalisatrice n’a visiblement aucune conscience politique et aucune connaissance du militantisme. En effet, Maud (personnage principal joué par Carey Mulligan) se retrouve suffragette à l’insu du son plein gré. Ces femmes ne font preuve d’aucun engagement. Leur action est présentée comme une obligation face à la persécution masculine. Cette contrainte à la résistance est démentie par la présence même de femmes qui les méprise et aide les autorités à les réprimer (femmes surveillantes dans les prisons, gavage, etc.. ) Le droit de vote est lui-même mis de côté. On ne saura jamais pourquoi elle le réclame. Le mot égalité n’est d’ailleurs jamais prononcé, non plus que citoyenne…

Le parti d’Emmeline Pankhurst (Women’s Social and Political Union) est presque absent, comme un fantôme présent à quelles fins d’aider le scénario bancal. Emmélie Pankhurst est elle-même très mal interprétée par une Meryl Streep complètement plâtrée, présentée comme un leader qui envoie ses troupes au front et reste tranquillement à l’arrière. L’engagement politique de ses femmes et leurs actions sont complètement éclipsés par le parcours de Maud, qui ne porte aucune révolte en elle.

S. Gravon élude pu adoucie les violences endurées par les femmes de l’époque. Le viol de Maud par son employeur est sous-entendu, les violences policières sont atténuées, des coups de matraque et puis c’est tout. Nous savons bien qu’il en était tout autrement. Les policiers ne se gênaient pas pour se servir parmi les suffragettes.

Enfin, le final arrive au soulagement du spectateur qui passe deux longues heures bien plates. Nous assistons ébahie à l’attentat commis Emily Davidson lors du Derby d’Epsom le 4 juin 1913. Elle meurt de ses blessures. Nous avons déjà croisé ce personnage dans le film sans vraiment le savoir. Celle-ci était présentée comme la suffragette forcenée engagée dans une énième grève de la faim. Quelques secondes à l’écran et elle disparaissent. Le film s’arrête sur les images d’archives de l’enterrement d’Emily Davidson.

Il y avait tellement mieux à faire sur cette lutte méconnue même en France. Il existe un documentaire diffusé sur Arte « Ni paillassons ni prostituées » réalisées par Michele Dominici, beaucoup plus intéressantes que Les suffragettes du Sarah Gavon.

On peut également trouver sur YouTube plusieurs fil d’archives ayant enregistré la mort d’Emily Davidson, événement reconnu comme ayant fait connaitre le mouvement des suffragettes et insufflé de la sympathie pour leur mouvement.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s