Des photos et des hommes

La Maison Rouge nous propose une exposition, partielle, de la collection Artur Walter. Cette institution, localisée au 12 boulevard de Bastille, a été conçue par un collectionneur privé Antoine de Galbert en 2000. Antoine de Galbert est l’un des héritiers du groupe Carrefour et gestionnaires d’entreprise. Je ne sais pas précisément quel type d’activité cela peut regrouper concrètement. Toutefois, je comprends que le monsieur est riche et fais bénéficier de sa richesse à l’art contemporain.

becher01

Artur Walter est quant à lui un financier également épris de photographie. Il a pratiqué cette activité, lui-même, encouragé par Bernd et Hilla Becher. C’est ainsi qu’il débute sa collection dans les années 90 en explorant d’abord la photographie allemande par la suite ses acquisitions se diversifient.

Walter cherche du côté de l’Afrique. On découvre à la fois des photos anthropologiques, mais aussi des photographes africains contemporains. Il y a un détour par l’Asie, qui n’est pas la partie la plus intéressante à mon gout. Quelques photos d’Ai Wei Wei pour me rappeler que vraiment nous ne nous trouvons pas sur la même longueur d’onde. Pour ceux qui ne le saurait pas, Ai Wei Wei est cet artiste dissident chinois touche-à-tout.

L’exposition est dominée par les photos en séries, très intéressantes, elles permettent de mettre une photo unique en relation avec d’autres et de créer un projet. La série a ce pouvoir de dépasser le cadre de la « jolie photo ». Il s’agit de dire quelques choses ou d’avoir vu quelque chose (Daido Moriyama, A Room, 2015) et de le retransmettre. Elles donnent aussi la possibilité d’une mis en scène et une dimension ludique à l’image (Luo Yongjin, Lotus block, 1998-2002).

luo-yongjin-lotus-block-collection-walther

Elle fait également une place importante aux portraits des classiques avec Richard Avedon vers des choses plus cocasses avec Samuel Fosso.

722 fosso01 Samuel-Fosso-african-spirits-patras-romaric-tisserand-1

L’exposition fait un grand écart entre la photographie d’art et la photographie documentaire. Cette tension peut s’exécuter avec beaucoup de souplesse (Malick Sidibé A la baignade au fleuve Niger, 1973). Parfois les deux approches s’éloignent de beaucoup notamment la série de portrait judiciaire, celle-ci ne se distingue que par son caractère sociologique.

malick-sidibc3a9-a-la-baignade-au-fleuve-niger-1973

Il y a un réellement travail de mis en forme des photographies regroupées par Walter, mais présentées par Simon Njami. Celles-ci n’apparaissent pas comme le hobby vain d’un riche financier. Il y transparait la recherche à la fois d’une compréhension de la photo, son évolution et ses techniques diverses, mais aussi une exploration documentaire. Artur Walter s’éloigne d’une conception vaine de l’art. Les photos présentées portent un message, un discours sur leur sujet.

Pour voir le reste de la collection d’Arthur Walter vous pouvez vous rendre à Ulm (Allemagne) ou à New York, où le messieurs s’est fait construire une succursale.

Après Eden / La collection Artur Walter, Maison Rouge, 2015. 24 euros. 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s