De l’assassinat du Premier Ministre Israélien et des Accords d’Oslo

J’avais déjà vu un film d’Amos Gitai, il y a fort, fort longtemps. Cela s’appelait Free Zone (2005) et je n’en garde pas de grand souvenir. Cependant, le nom d’Amos Gitai m’avait marqué et Le Dernier Jour d’Yitzhak Rabin m’avait fortement tapé dans l’œil.

yitzhakrabin

Le Dernier Jour d’Yitzhak Rabin revient sur l’assassinat du Premier ministre Yithzak Rabin le 4 novembre 1995. Nous sommes face à un film documentaire, alternant les images d’archives et les reconstitutions fictives.

Tout débute par une interview de Shimon Peres (Ancien Président et Premier ministre israélien jusqu’en 2014) dans laquelle la journaliste s’interroge sur le contexte politique ayant précédé l’assassinat d’Yitzhak Rabin. Par la suite, nous revenons encore et encore sur ce jour où le Premier ministre a été assassiné.

Amos Gitai s’attache à suivre les travaux de la commission d’enquête. L’efficacité du système de sécurité est mise en question. Cependant, la narration nous emmène sur une autre piste. Amos Gitai impose de s’interroger non pas sur les possibilités techniques de réaliser cet assassinat, mais sur les possibilités sociales.

En novembre 1995, Yitzhak Rabin canalise la haine de la part de la droite et de l’extrême droite (Likoud). Il lui est particulièrement reproché la signature des accords d’Oslo. Pour rappel, les accords d’Oslo ont permis la création d’une Autorité palestinienne et l’autonomisation de certaines zones jusque là occupée par les Israéliens. Cet accord engageait Yitzhak Rabin et Yasser Arafat.

Ce début de processus de paix a été perçu comme un abandon et une trahison du sol israélien. Amos Gitai nous emmène dans l’opposition, les manifestations, la diffamation dans la presse. Le Parti du Likoud n’hésite pas à comparer le Premier ministre à un nazi. On voit avec quelle désinvolture il est fait usage de l’héritage du génocide. On n’est pas très loin des Redneks de The Other Side, des groupes de personnes attachés à une certaine interprétation religieuse. Lorsque les arguments politiques font défaut, on se rabat sur autre chose. Amos Gitai nous présente une psychologue dont les conclusions sont qu’Yitzhak Rabin est schizoïde (comme Hitler, selon elle).

Surtout, on assiste à l’échec d’une société à se faire face, elle n’est pas la seule que l’on se rassure. La commission mandatée pour enquêter sur l’assassinat s’obstine sur les détails du système de sécurité. Pourtant, tout semble remonté à plus loin, avant ce jour du 4 novembre 1995.

Dans ce film, Amos Gitai propose une introspection de la société Israëlienne. Le portrait qu’il propose est assez pessimiste.

Les derniers jours d’Yithzak Rabin, Amos Gitai, 2015

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