Des Superhéros et des Nazis

La Brigade chimérique est une Bande dessinée réalisée par des acteurs du monde de la SF. Serge Léman fut un temps considéré comme l’espoir français, j’ai plus de doute quant au potentiel de Fabrice Colin. Leur ambition n’est pas des moindres puisque ces auteurs se sont fixé pour objectif l’explication de l’inexistence de superhéros français.

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Tout commence à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Les éléments de la narration sont denses et entremêlés, car nous entrons dans un monde parallèle. L’institut Marie et Pierre Curie est devenu un épicentre politique. En même temps une ville a surgi de nulle part quelques parts en Autriche : Métropolis. À sa tête se trouve le mystérieux M.

Les super héros sont monnaie courante, ainsi que les super vilains. D’ailleurs, il n’est question que de « super sciences » à l’Institut Curie dirigé par Irène Joliot-Curie.

Tout ce petit monde est présenté très lentement et de manière assez brouillonne. On patauge jusqu’à avoir suffisamment tourné les pages perplexes alors les repères s’installent. Les personnages principaux se dégagent de la foule tout comme l’intrigue. L’univers de la Brigade chimérique est dense et vaste, il soulève de nombreux mystère pourtant un seul sujet sera véritablement traité : quel est l’objectif de M. ?

En filigrane, les auteurs mènent une autre quête celle de proposer une explication à l’absence de superhéros. Leur théorie est qu’ils n’auraient pas survécu à la Seconde Guerre mondiale. Pour exposer cette idée, il faut bien les montrer. Les héros inventés par les auteurs sont plus proches de Watchmen que de Superman. Torturés et politisés, ces superhéros n’offrent pas une devanture de rêve. On est loin du rêve américain. Nos héros sont soit la victime de manipulation des politiciens soit eux-mêmes les politiciens manipulateurs.

On ressort de cette lecture perplexe et frustrée. La mis en scène de la Seconde Guerre mondiale et de l’anticommuniste est certes assez jouissif, mais il est aussi banal. Les échos à Watchmen sont très voir trop nombreux. Il est malgré tout appréciable d’avoir affaire à un comics qui ne marine pas dans la bêtise. Les références culturelles et le jeu qui les entourent portent le récit. Les auteurs parviennent à les intégrer à leur histoire et ne se contentent pas d’en faire un attrayant décorum.

La Brigade chimérique, Serge Lehman, Fabrice Colin et Gess, L’Atalante, 2012

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