J’aime bien John Giorno (Palais de Tokyo)

Suivants, les conseils de mes prescripteurs habituels (La Dispute) et interpellés par ce qu’en disait Solange, je me suis rendu à la rétrospective sur John Giorno conçue par Ugo Rondinone. La vie artistique de John Giorno démarre lorsqu’il devient l’amant d’Andy Warhol et l’objet de son film de sept heures Sleep. Le concept, regarder John Giorno dormir pendant sept heures.

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La rétrospective démarre par la fin, c’est-à-dire la récitation d’un poème de Giorno rédigé à l’occasion de son 75e anniversaire. L’installation est sobre et gigantesque : 4 écrans géants, assortis d’une dizaine de télévisions au sol. Chaque écran nous montre John Giorno débitant son texte. Le récital est émouvant et drôle. Le poème s’intitule « Thank you for nothing » et s’adresse à la fois à ses anciens amants, mais aussi à son pays.

La suite nous emmène dans son travail. Les poèmes sont construits en échos, deux colonnes reprenant le même texte, mais en décaler. Ils sont de fait plus intéressants à écouter qu’à lire. Des textes et beaucoup d’interviews sont rassemblés dans d’épais albums. La salle est grande et colorée et l’information est dense.

On s’enfance dans la jeunesse du poète, sa découverte du bouddhisme et ses vidéos de jeunesse, sans doute datant de sa relation avec Warhol.

On traverse un univers pop. La poésie est un objet qui se modèle. Le texte est pauvre, mais mit en scène sur des affiches aux couleurs fluo il peut devenir un slogan ou un hymne. Je ne suis pas sûre du succès de l’opération. On ne se détache pas du sentiment de vacuité inhérent à l’art contemporain. Cependant, on peut saluer la cohérence d’évolution de John Giorno qui n’a jamais renié son approche pop.

Dans le reste du « Palais », on trouvera beaucoup d’autre chose encore.

Un grain de toute beauté (réunis les lauréats du 60e Salon de Montrouge) présente des peintures réalistes et crues, celles-ci sont suffisamment intrigantes pour valoir le coup d’œil.

Diaporama (Jérôme Bel) diffuse une série de photo de lieu de représentation déserté par le public. La représentation du vide est très intéressante sauf quand elle est aussi caricaturale.

Seul qui connaît le désir (RAGNAR KJARTANSSON) à entre autres reconstituer un petit bout de village « pittoresque » dans lequel un homme et une femme sont supposés jouer une rencontre amoureuse de midi à minuit. Le village de Placoplatre et les acteurs trop endimanchés proposent un amour bien bourgeois dont on se passerait bien.

MÉLANIE MATRANGA met en place un espace composé de luminaire qui nous donne l’impression angoissante de déambuler dans un rayon de Conforama. Inutile et poussiéreux.

Exit ! C’est la Fondation Carier qui fait sa B.A. de l’année. Tout le monde pourrait s’en passer.

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