Romantisme et file d’attente

Profitant d’un magnifique samedi d’hiver où je n’ai été pas cloué au lit avec de la fièvre, je m’en suis allée promener dans le 9e arrondissement parisien. Charmant quartier.
Mon objectif était de voir Visage de l’effroi dans ce petit musée dont je n’avais jamais entendu parler le Musée de la vie romantique. Je me suis dit qu’avec un nom pareil, on nous vendait de la mignonnerie !

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En fait, on m’a surtout vendu de la file d’attente. Le musée se répartit en trois bâtiments. Un premier où l’on peut acheter sa place et contempler la librairie qui tient sur deux étagères. Enfin, on accède à deux salles remplies de tableaux et d’une belle bibliothèque. La lumière jaune et tamisée se reflète à merveille sur les peintures dont on ne sait jamais si l’on est assez près ou assez loin. De toute façon vu le monde, vous êtes là où vous avez de la place.

L’exposition affiche clairement son ambition s’inscrire dans une suite, notamment celle de l’Ange du bizarre, accroché à Orsay au printemps 2013. Le musée de la vie romantique ne manque pas d’ambition, mais sans doute de moyen. Les toiles affichées dans cette première partie sont globalement quelconques. Le commentaire est inexistant. On erre, on cherche, on trouve les visages, ceux-ci sont les seuls intéressants. Pris séparant, on ne sait s’ils expriment de l’effroi ou de la jouissance.

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Et puis, on sort pour accéder au deuxième bâtiment. Une deuxième file d’attente nous attend. Les minutes passent l’enthousiasme se refroidie. La cour est charmante, il y a des bancs et je me surprends à rêver d’un bon chocolat chaud.

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Vingt minutes plus tard, les portes du Graal s’ouvrent. La salle est blindée. L’exposition n’est plus qu’une longue file d’attente qui glisse très lentement devant les tableaux. On n’y croise du Louis Boulanger et Théodore Géricault. On quitte les représentations scandaleuses pour passer au bizarre. Enfin, je me dis je ne suis pas venue pour rien. Et puis, on voit s’élève : « avancez s’il vous plait ». Je pense à Dany Boone et ses sketchs sur la poste.
Extirpée de la foule, je fuis.

Visages de l’effroi, Musée de la vie romantique, 2016.

 

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