De la glace et c’est tout

Lorsqu’un nouveau roman de Laurent kloetzer a été annoncé, la joie m’a envahi. J’avais adoré Le Royaume blessé, qui me semble l’un des meilleurs romans que j’ai lus. Anamnèse de Lady Star était une belle tentative d’augmenter le niveau. Placé dans un univers futuriste où le monde a été dévasté par une bombe biologique. La narration se veut explosée et furtive. Nous courrons derrière une ligne narrative qui n’existe pas, non par manque de cohérence de l’auteur, mais pour montrer que l’histoire n’est pas linéaire, mais morcelée et incertaine.
Je pensais que Vostok nous emmènerait dans la même voie…

denoel vostok kloetzer

Vostok est une station scientifique russe située en Antarctique, pôle Sud. L. Kloetzer s’empare de ce lieu pour en dresser le décor de son histoire. Cependant, celle-ci démarre en Amérique latine dans la ville Valparaiso. Le Chili est en guerre contre les Andins, là aussi, aucune invention de l’auteur. Les Andins, qui pourraient être un peuple inconnu, sont actuellement le rassemblement de 4 pays : Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou. Pour la petite histoire, on parle de Communauté andine des nations. Le Chili l’a quitté en 1976, sans doute lié à quelques incompatibilités avec la dictature de Pinochet. Depuis 2006, le Chili est un membre associé de la CAN.

Le personnage principal s’appelle Léo pour Léonarda, adolescente. Elle est la sœur de Juan, petit chef du Cartel. À cause d’une prophétie, que nous ne connaîtrons pas, à cause de la guerre, le petit chef décide de partir chercher une clé sous la forme du code génétique d’une bactérie. Le récit commence, linéaire. Nous sommes dans un huis clos glacial où tous les personnages deviennent fous, pris dans leurs obsessions et débordés par leurs angoisses. On sent bien que l’auteur voudrait que nous nous demandions s’ils ont vraiment tort. Je dirais que l’émerveillement dépeint par Kloetzer ne m’a pas fait oublier mon pragmatisme. Très vite, cela traîne en longueur. Les personnages torpillent leurs chances de survies dans l’espoir de découvrir un mystère auquel on peine à s’intéresser.

La dimension fantastique est sous-développée. L’idée était belle. Léonarda est accompagné d’un ghost, sorte d’ami invisible, qui n’existerait qu’à la force de sa pensée. Araucan se contente de tenir le rôle d’accessoire.

Finalement, l’auteur s’en sort mieux dans le récit tout à fait réaliste de Veronika, chercheuse soviétique et qui a précédé l’excursion de Juan. Son histoire nous est comptée par quelques inserts où l’on peut se rendre compte des enjeux autour d’une découverture scientifique tout à fait obscure. Le contexte de la guerre froide aide sans doute, car nous avons conscience que le travail des scientifiques les dépasse.

En gardant une vue optimiste, je me demande si l’auteur n’est pas en train d’effectuer une mue, un passage vers la littérature blanche. Pourquoi pas ? Mais qu’il y aille franco.

Vostok, Laurent Kloetzer, Lune d’Encre Denoël, 2016.

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