Chaos des grands ensembles

High-Rise était un film attendu par la petite communauté de fan de science-fiction, un peu évolué. Il s’agit de l’adaptation d’un livre de J.G. Ballard traduit en Français par I.G.H. Immeuble de Grande Hauteur. Il se trouve que je ne connaissait pas l’ouvrage en particulier. J’avais vainement essayé de lire Crash, qui mettait complètement tombé des mains. J.G. Ballard faisait (1930-2009) partie de ces auteurs qui ont mêlé science-fiction et  littératuree expérimentale. L’adaptation cinématographique représentait un challenge, qui avait déjà été relevé par David Cronenberg en 1996 avec Crash.

HIGH-RISE

High-Rise est une surprise. Nous entrons dans un monde étrange et imprécis. Il y a d’abord une trame commune, celle de l’emménagement du Docteur Laine (Tom Hiddleston ) dans un immeuble imposant de la banlieue. On voit un jeune médecin au milieu de son ascension sociale. Pourtant le cadre n’est pas contemporain. Nous sommes, sans doute, au milieu des années 70, date de sortie du livre (1975 pour les états-unis, 1976 pour la France). Cet immeuble fait partie d’un projet plus vaste de construction de logement, que nous avons appelé pour la France « les grands ensembles ». L’architecture choisit par Weathley pour abriter son intrigue est un croisement entre l’Espace Abrasas pour son impression de forteresse, mais aussi de l’espace Niemeyer (Siège du parti communiste) pour sa dimension futuriste. On n’aurait voulu qu’il s’agisse d’une construction réelle, mais celle-ci est , visiblement, de synthèse.

L’architecture n’est que le haut de l’iceberg, High-Rise renoue avec le contexte sociale des années 70; ces années d’abondance économique qui ont fait croire et parfois permis l’ascension sociale des classes moyennes. High-Ries va mettre en scène le rapport de force entre riche installé, situé dans les derniers étages, et les classes moyennes. Le Docteur Laing tient le rôle de guide, nous passons d’un univers à l’autre, avant qu’il ne se fasse avaler par le chaos en germe. Tout se déroule comme si chacun était aveuglé par ses obsessions de grandeurs.

De l’excentricité nous passons à l’extravagance puis au chaos. On hésite à le prendre comme un changement salutaire avant de se rendre compte que tous les personnages sont perdus pour la cause. High-Rise ne dépeint pas une révolte anarchiste. Nous faisons face simplement au cas, à l’abandon de chacun. Sans ordre, sans considération pour autrui.

Ce chaos est un enfermement. Toutes les portes sont ouvertes et pourtant personne n’en sort. Personne n’abandonne le terrain, bien décidé à conquérir et dominer. Richard Wilder (Luke Evans), initiateur de cette débâcle, est jeté sur le parking de l’immeuble, devant lui, l’horizon, libre. Pourtant, il ne saisit pas cette opportunité, i fait demi-tour et retourne dans cette endroit qu’ile exècre et où il n’est pas souhaité.

Le propos politique vient tardivement pourtant il est absolument nécessaire pour ne pas classer le film dans la catégorie film de catastrophe nihiliste sur le modèle This is the end de Seth Rogen et Evan Goldberg avec James Franco.

High-Rise, Ben Weathley, 2016

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