L comme lourdeur

Le nouvel Attila s’est fendu d’un SP à l’adresse de la salle 101. Enthousiasmée, je me suis empressée de détourner cet objet. J’en fus pour mes frais.

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L titre simple et sobre est un policier. Cela commence très mal avec l’introduction d’un des narrateurs principaux. Cet homme s’adresse à vous comme le dernier des goujats. D’ailleurs, sa première interaction avec le genre féminin ne laisse pas de doute. La femme n’est là que pourrait être séduite et il est de sa tâche de relever le défi.

Toutes les relations entre les personnages sont construites sur le modèle de la séduction. Il n’y a pas de mot suffisamment beau et sophistiqué pour décrire leur univers, mais essayons quand même.

Nous sommes à Paris dans les années 2000, a priori 2008, la capitale est toute aussi charmante qu’au siècle dernier ou du moins autant que le siècle dernier a bien voulu la décrire.
On se promène de quartier en quartier riche, les Tuileries, le Quartier latin. Ces derniers ne sont pas riches, bourgeois, capitalistes, ils sont pleins de bon gout.
Car notre enquête nous emmène chez les traders et les marchands d’arts. On se rassure à part une ou deux lignes sur les méthodes de ventes chez Christie » s, rien ne sera vraiment exploré de ces univers. Ce n’est pas l’enquête qui semble intéresser l’auteur, mais le geste. Le lecteur perçoit bien qu’il a travaillé son style. Les débordements de signes extérieurs de « culture » intérieure sont à peine étouffants. D’ailleurs, on peut aller jusqu’à dire qu’il ne s’agit pas de culture, mais d’un raffinement vain, qui cache mal l’imposition de standard d’une culture particulière.

La seconde narratrice est une femme, celle-ci est encore plus agaçante. Ce personnage n’existe que par les manières qu’elle se donne. On retiendra cette page de description de la préparation du gigot. Madame, célibataire, après sa sieste sort du four sa pièce de viande et la mange.

L’enquête se résout presque d’elle-même sans le moindre intérêt.
Un condensé de clichés fort déplaisant, disons rétrograde.

L, Thibaut Klotz, Le Nouvel Attila, 2016
20€

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