De la fin du monde et de sa continuité

J’attendais cette parution chez Lune d’encre avec une pointe d’impatience. Arslan est décrit comme un roman « dérangeant » racontant l’installation d’un dictateur dans un patelin des États-Unis d’Amérique : Kraftsville. 

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Le roman est raconté par deux protagonistes. Le premier est Franklin L. Bond, principal du collège de la ville. Il voit son établissement réquisitionné par Arslan, général venu du Turkménistan. Personne n’a jamais entendu parler de ce général, qui pourtant vient de prendre le contrôle de la planète. Arslan arrive comme un ovni. Franklin le regarde de cette manière, cependant il semble bien être un simple humain. Le second narrateur est Hunt Morgan l’un des jouets sexuels d’Arslan.

Le récit s’étale sur plusieurs années. Il est aussi intéressant, voire un peu plus, d’observer la transformation de ce proviseur en gestionnaire de crise pour son comté. Arslan dépeint sur lui progressivement.

En tant que dictateur, le but d’Arslan est de renverser radicalement le mode de vie. Bien que ces mesures soient toutes appliquées, elles ne semblent pas impacter la nature des personnages. Après une période de restriction, la vie reprend son cours. La ville de Kraftsville s’ordonne selon une hiérarchie commune, seul le personnel est renouvelé.

Le personnage de Hunt Morgan nous permet de suivre Aslan au-delà des frontières du comté de Kraftsville. Cependant, cette partie du récit est plutôt pesante. Tout d’abord, elle atténue le mystère entourant Arslan, le rendant des plus banal comme dirigeant. Ensuite, le développement de Hunt Morgan ne se révèle pas très intéressant. Tout du moins, on n’en apprend pas plus sur lui que ce que l’on pouvait aisément deviner à travers les yeux de Franklin. Hunt Morgan est partagé entre amour et haine pour son tortionnaire.

On ressort assez partagé de cette lecture. M.J. Engh a la capacité d’inverser les sympathies. Arslan devient progressivement une sorte d’antihéros, tandis que Franklin apparait de plus en plus comme un maitre indéboulonnable dans sa ville. Cependant, la description cyclique des évènements nous laisse sur notre faim. Un tyran en chasse toujours un autre.

Arslan, M.J. Engh, Denoël/Lune d’encre, 388p, Traduit par Jacques Collin, 2016, 22€

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