Dyschroniques : 3 en 1

J’ai décidé de me plonger sérieusement dans cette collection dyschroniques, même si je suis déjà conquise. J’ai repris la lecture en commençant par la fin et donc les dernières publications. 

audience_captive  Audience Captive nous décris une société envahit par la publicité et ces slogans. Les objets du quotidien débitent à un rythme constant et fréquent les slogans associés à leurs marques, interrompant conversations et pensées des humains. La vision technologique par laquelle la société est colonisée apparait datée. Le texte est écrit en 1953, on a donc pu constater que ce n’était pas la voie empruntée par les agences publicitaires. Leur omniprésence contemporaine est plus subtile. Je pense notamment au pub ciblé qui crible votre écran d’ordinateur.

Cependant, le biais technologique présenté par l’auteur rend le dispositif caricatural au sens positif, nous rappelant que la publicité insidieusement glissée dans notre quotidien nous revient en plein visage.

passagerclandestin040-2015La montagne sans nom est à mon sens le plus faible des trois. Robert Schekley s’attaque à un récit de colonisation galactique. Cependant, les colons sont mis en échec pour une raison qui échappe à tout le monde. On laisse planer le doute sur une origine mystique, raison qui me convainc rarement dans un récit. La colonisation semble condamnée, car moralement répréhensible.

ctsl-h1xaaavos2Pigeon, Canard et Patinette est la nouvelle que j’appréhendais le plus. Il s’agit d’un récit inédit issu d’un concours organisé par le Passager clandestin. La consigne était de s’inspirer de la nouvelle de Jean-Pierre Andrevon Les Retombés parus un an plus tôt. Comme je fais les choses dans l’ordre je n’ai pas lu cette dernière et serait bien incapable de dire si elles se font échos. Personnellement, j’ai beaucoup pensé à La Supplication de Svetlana Aleksievitch.

Les trois protagonistes, Pigeon, Canard et Patinette, sont les habitants d’une zone touchée par les radiations. La zone est contaminée depuis un siècle, mais le réacteur continue de fonctionner, entretenu par les habitants. Ces derniers ont subi des transformations. Une partie de la population est devenue stérile, l’autre a donné naissance à des enfants différents… Ce sont les points de vue de ces enfants qui nous font découvrir la zone et leur regard sur l’extérieur, une manière de vivre en dehors. Le texte est très bon et comme annoncé touchant. Il souffre peut-être d’un peu trop d’explication, mais pas suffisamment pour entacher la qualité du récit.

Audience captive, Ann Warren Griffith, 2016, 5€
Pigeon, canard et patinette, Fred Guichen, 2016, 7€
La montagne sans nom, Robert Sheckley, 2015, 4€
Le Passager clandestin/dyschroniques

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