Insurrection en centre commercial

Embarras. 

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Nocturama nous emmène dans Paris. Ses métros et ses rues. Le spectateur, comme les personnages, est amené à déambuler. L’incertitude ce que l’on voit et de ce que les personnages vont commettre nous pénétré. Le film se veut immersif. Silencieux. Nous regardons les actes et les gestes.

Il y a si peu d’indice sur ce que l’on voit qu’on les traque. Le moindre regard apparait comme un évènement.

Les lieux visités et donc ciblés nous révèlent une intention politique. Ces jeunes déambulant ne seraient pas complètement nihilistes. On voudrait les situer dans la lignée « gauchiste », mais rien ne viendra le confirmer totalement.

Le groupe est disparate, des âges et des parcours différents. Rien ne les rapproche. Quelques flashbacks nous montrent leur rencontre, une soirée où ils fomentent leurs plans. Aucun mot de sympathie, aucun sentiment ne transpire. Les mots qui sortent de leurs bouches ne semblent pas vraiment être les leurs. Ces personnages sont des marionnettes mal articulées par un réalisateur qui refuse de choisir un sujet. L’insurrection, on ne la verra que retransmise à la télé. Les terroristes, rien d’humain ne suintera de leur jeu.

Bertrand Bonelli enferme ses personnages dans une posture que ces personnages ne quitteront jamais. La deuxième partie du film qui se déroule dans un centre commercial aurait pu donner lieu à un relâchement, mais non. Leur méfait commis, ces jeunes terroristes font face à l’attente avec stoïcisme. Bien sûr, baigné au cœur du consumérisme de luxe, ils ne se privent pas, mais rien d’éclatant. Ils changent de vêtement, dinent, jouent, regardent la télé et écoute la musique. Cette dernière vient compenser le silence de nos apprentis terroristes. On passe d’une musique électronique contemporaine, un peu énervée, à des classiques des années 60/70. Tout se termine avec le générique de Chapeau melon et botte de cuir, qui sied à ravir à l’étage décoration en plein revival des époques citées. L’esthétique bobo/bourgeoise prend le pas et affirme son emprise totale sur le film. Par conséquent, il n’y a vraiment rien à voir ni à entendre.

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