Pouvoirstagiaire

Parce qu’il n’y a pas que Tanx et Fabcaro dans la vie, je me suis lancée à la recherche d’autre chose. Cette autre chose est une BD Pouvoirpoint d’Erwan Surcouf.

pouvoirpoint

Comme toujours, je ne connaissais l’auteur ni d’Ève ni d’Adam, né dans les années 70, comme tous les gens cools. E. Surcouf n’avait jamais officié seul sur une bande dessinée, à ma connaissance. J’ai pu croiser son travail ailleurs dans la Revue XXI ou dans Télérama. Non, je me plaisante, je ne lis pas XXI.

Pouvoirpoint nous raconte le périple d’un être humain caché sous un casque pour éviter toute contagion de l’équipage intolérant aux germes terriens. Notre personnage est stagiaire-graphiste. Il officie au service : « Communication, corpo média & bonne ambiance » en charge de la décoration de la soirée du Nouvel An, mais aussi de moderniser le guide de survie du navire. Si tout se passe bien, tu as compris le titre.

Cette société futuriste dans lequel nous sommes projetés avec un humour grinçant s’est trouvé un ennemi : les Proximiens. Ils sont leurs terroristes à nous, les conduisant aux comportements les plus hystériques. De toute façon et il faut bien le dire, les employés de l’Entreprise 2061 sont légèrement atteints. Aliénés par un travail insensé, on craint pour la socialisation de notre héros, qui arpente les couloirs du vaisseau seul en écoutant des tubes américains traduits en français. On peut donc dire que cet ouvrage n’est pas dénué de poésie. Il m’a rappelé cette petite BD paru dans la Collection fourre-tout de Delcourt « shampooing » « Krrpk doit mourir » de Bill. On y suivait les péripéties d’un voyageur de Potkrann sur la planète des Grookos. Il y affrontait le racisme des habitants de la planète, les conditions précaires de travail, etc. Bref, nous étions face à une subtile métaphore de notre société.

Erwin surcoût choisit un cadre plus restreint, celui de l’entreprise. L’humour y est plus triste. On rit jaune face aux absurdités des situations. Pourtant, on se sent bien dans cette lecture. Le personnage le plus touchant est ce robot sans forme, mais avec une personnalité forte. Il y a sans doute, là, la démonstration de la déshumanisation des humains. Ce serait finalement dans cet empiècement géométrique que l’on retrouve un peu de sentiments. C’est déjà vu, mais ça fait quand même plaisir.

Pourvoirpoint, Erwan Surcouf, Vide Cocagne, 2016, 23€

2 réflexions sur “Pouvoirstagiaire

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