Louis Faurer: Espaces publics

J’ai hésité à m’y rendre. Je n’aime pas trop la Fondation HCB. J’en suis souvent sortie frustrée et dépouillée. Certains décrivaient l’exposition et Louis Faurer comme mineur. Enfin, on a toujours des excuses pour rester dans son canapé. Un jour de désœuvrement, je me suis extirpé de mon chez-moi douiller pour aller à la rencontre de Louis Faurer.   

sourds-muets-new-york-1950-louis-faurer-estate-728x1062Photographe dans les années 50 à New York, il a œuvré pour les magazines de mode, mais ce n’est pas le sujet. Louis Faurer a pris beaucoup de photos des rues et des passants à New York et à Philadpehie, dont il est originaire. Le mot qui vient à l’esprit est l’espace public. Ces photos en noir et blanc ne nous parlent pas de la vie new-yorkaise en mode lifestyles, mais plutôt de l’errance dans les rues et des quelques visages que l’on peut croiser.

lf003Ces photographies sont simples voir quelconques, prise dans le vif qu’une action qui n’existe pas. Les individus immortalisés par Louis Faurer ont souvent l’impression d’avoir été pris dans un moment d’errance et de doute : les femmes attendant le bus, un couple anxieux d’arrivé en retard, etc. Les photos de Faurer se prêtent facilement à l’interprétation. On invente rapidement les histoires de ces gens, car leurs visages sont toujours très expressifs.

Les êtres humains sont la cible de Faurer, mais seulement dans un contexte précise celui de la ville. Ils sont tous pris dans des activités induites par l’espace urbain. Les voitures et les enseignes des marques sont le décor récurrent de ces portraits. On rencontre également quelques quêteurs, portant des affiches en cartons similaires à celle de nos quêteurs actuels.

On ne plonge pas tant dans le temps que dans le présent avec Faurer, car ce qu’il dépeint est le mal de la ville, visiblement, déjà présent dans les New York des années 50. Tout le monde se croise, mais personne ne se voit et les allées et venues sont orchestrées autour de la consommation.

008-new-york-1949-louis-faurer-estate-courtesy-howard-greenberg-gallery-728x478On pourrait croire que ces photos portent de la tristesse, assez peu en réalité, car elles sont très belles. On peut dire qu’elles ne sont pas brutes. Il y une mis en scène de la part de Faurer qui permet de montrer sans s’apitoyer la pauvreté, mais aussi la solitude de ces passants.

 

Louis Faurer, Fondation Henri Cartier-Bresson, Du 9 Septembre au 18 Décembre
Commissaire d’exposition : Agnès Sire
8€

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