La jeune fille sans mains


C’est complètement par hasard que je pris connaissance de l’existence de La jeune fille sans mains. Dit comme ça, c’est assez rebutant. L’affiche n’est pas très engageante. Il a été présenté dans le journal de la culture du jeudi 15 décembre comme un contre poing à Ballerina, là, j’ai tendu l’oreille. Film indépendant, héroïne féministe… Je prends. 

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La jeune fille sans mains
est d’abord un comte des frères Grimm. Certainement pas le plus connu, mais vous trouverez sans difficulté le texte sur l’internet. L’histoire est assez simple. Un meunier dans a misère passe un pacte avec le diable. Il échange « ce qu’il y a derrière son moulin » contre de l’or. Pas de bol derrière le moulin, à ce moment-là, se trouve sa fille. Quand le Diable vient chercher son dû, il ne peut approcher la jeune fille, qui est trop pure.

Sébastien Laudenbach prend en charge la réalisation, mais aussi le dessin. Cette adaptation est entièrement dessinée. C’est par le mouvement que les dessins vont prendre sens. L’esthétique épurée invite le spectateur à combler les trous.

1280x720-hxcLe réalisateur nous propose tout de même une histoire engagée, c’est-à-dire que l’on ne peut pas trop se tromper sur l’interprétation que S. Laudenbach fait du conte. L’amorce de départ est détournée au profit de l’histoire de la construction d’un personnage, la jeune fille. Celle-ci va être contrainte d’apprendre à devenir autonome. Dans le conte, la perte de ses mains la condamne à la mendicité.

la-jeune-fille-sans-mainsDe plus, de nombreux éléments sont rajoutés pour inscrire cette princesse en devenir dans une réalité pragmatique. Cela tranche avec le trait, mais aussi avec la dynamique du conte. On peut dire que l’une des caractéristiques des contes est l’usage de symbole. On peut penser à la pomme rouge que croque Blanche-Neige. Ces symboles permettent plusieurs niveaux de lecture. Sébastien Laudenbach a plutôt choisi de ne pas s’embarrasser de tout ça et maintient son histoire à un niveau littéral. Ainsi au cas où le déroulement de l’histoire n’aurait pas suffi aux spectateurs pour comprendre que nous n’avions pas affaire à une banale héroïne de conte de fées, le réalisateur nous le met sous le nez. C’est un choix qu’il assume. Je le regrette un peu, car son récit perd de sa puissance, à mon sens.

Prix du jury au Festival international du film d’animation d’Annecy

La jeune fille sans main, Sébastien Laudenbach, 2016

2 réflexions sur “La jeune fille sans mains

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