Dansmoncanap#2

Une cuvée : merdouilles de Noël.

039823  Du jeu vidéo aux films : (Assassin’s creed, Justin Kurtzel & Warcraft, Duncan Jones, 2016) : Je n’ai pas vu Assassin’s creed dans mon canapé, mais je n’allais certainement pas lui dédier tout une chronique. Le récit est simpliste, mais tellement mal présenté qu’en effet on met plusieurs minutes à comprendre. Il faut dire que nos personnages sont particulièrement stupides. L’intrigue est la suivante. Marion Cotillard propose de « supprimer le libre arbitre des gens pour réaliser la paix sur terre », Michael dit « okay » et puis se ravise 20 minutes avant la fin. Le film n’est pas beau, les scènes se déroulant dans le passé, Séville, 1453, sont toutes parasité par une brume épaisse. Il ne s’y déroule que des scènes de combats. C’est vrai que l’inquisition espagnole n’est pas une période très intéressante.

574116Pour ce qui est de Warcraft, auquel je n’ai jamais joué, je l’ai trouvé plus réussi ou moins raté. On voyage à l’intérieur de l’univers. Le scénario se donne la peine de mettre en scène un peu plus que deux personnages. On notera que Travis Fimmel aka Ragnar Lothbrok ne parvient pas à se défaire des tics de son personnage de Viking.

Alice de l’autre côté du miroir, James Bobin, 2016

Sans intérêt et moche.


The Danish girls, Tom Hooper, 2016

Par bien des aspects, The Danish girls se révèle bien plus misérable que les films précédemment cités. Nous avons face à nous une merveilleuse démonstration de falsification.

Einar Wegener (Eddie Remayne, Les Animaux fantastiques) est un peintre marié à Gerda Wegener/Gottlieb (Alicia Vikander, A Royal Affair). Ennuyé par les mondanités, Einar Wegener décide de se rendre déguiser à une énième sauterie où il est de bon temps de se montrer lorsque l’on est un artiste. Il se prend au jeu, aux grands dames de sa compagne. Au fil du temps, il devient impossible pour Einar de cacher sa transsexualité. Lili Elbe est née.

C’est avec autant de subtilité que le réalisateur du Discours d’un Roi nous présente l’histoire de l’une des premières personnes à subir une opération de changement de sexe. Cet aspect n’est abordé que dans la dernière partie. Toute l’intrigue se joue autour de Gerda, comment va-t-elle faire face et accompagner son compagnon au travers de sa transformation ?

Le désir d’Einar de se transformer en femme est démontré par son gout des tissus et des poses maniérées des femmes de l’époque. Sa volonté de changement de sexe est présentée comme une évidence. Elle a été la deuxième patiente à subir cette opération dans l’histoire. Elle pourrait exprimer quelques doutes sur son succès. N’était-ce pas de la folie ? Je précise la folie n’est pas dans la volonté de changer de sexe, mais de réaliser cette opération. Hooper se pose assez peu de questions. Il ne s’en posait pas non plus en mettant une scène un monarque combattant son béguèment pendant que les juifs, les homosexuels, les handicapés, les communistes défilaient dans les chambres à gaz.

359378D’ailleurs, on ne parle jamais assez du nazisme, quand se déroule donc l’opération de changement de sexe de Lili Elbe ? 1930. Par qui ? Dr Kurt Warnekros, membre du Parti nazi. On aurait pu également se poser la question : dans quelle mesure Lili Elbe n’a pas été le cobaye de ce chirurgien ? Plusieurs aspects sont passés sous silence : la médiatisation de l’affaire. En effet, la transsexualité de Lili n’était pas tenue secrète. De plus, sa femme, Gerda est soupçonnée d’avoir été homosexuelle. Le film fait complètement l’impasse sur cette hypothèse préférant en faire une bonne épouse fidèle malgré la tentation et la raison. La phrase de fin m’a fait hurler : elle continua de dessiner Lili. Non. Elle se remaria avec un homme, son style « art déco » tombera en désuétude. Gerda Gottlieb est morte à 54 ans dans l’isolement et sans doute l’alcoolisme.

Pour Tom Hooper, voilà, une formidable histoire d’amour, de dévotion et de résilience.

On soulignera qu’un autre film de falsification est sorti cette année : La Danseuse (Stéphanie Di Giusto), qui transforme son personnage principal, la chorégraphe Loie Fuller (Soko), en hétérosexuel.

4 réflexions sur “Dansmoncanap#2

  1. Je viens de voir « The Danish Girl » également. Bon, outre le fait que, tout mignon qu’il soit, Eddie Redmayne ne m’apparaît toujours pas comme un acteur transcendant (il fait exactement les mêmes mimiques dans tous ses films, ce n’est pas jouer, c’est juste être)(et comme elles ont tendances à m’énerver un peu, ces mimiques, lui reste juste sa mignonitude pour moi), la facture trop classique de ce film m’a empêchée de l’aimer réellement. Mais ce qui m’a dérangée, c’est l’attention à la femme, qui devient ici une sorte de sainte que l’on plaint par son amour inconditionnel contrarié. Parce que cette attention nous amène à considérer parfois Lili comme égoïste, comme peu attentive aux autres, tournée vers son seul but et écrasant sa femme au passage. Ce fût peut-être le cas, je n’en sais rien, je ne connaissais pas cette histoire auparavant et n’avais donc pas perçu son degré de falsification. Mais le côté « au détriment de » me perturbe par tout ce qu’il pourrait sous-entendre. Ou alors c’est juste moi qui lis mal les sous-entendus. Aussi. C’est fort possible.

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    1. Je suis entièrement d’accord. Redmaine joue dans Danish girl comme dans Les animaux fantastiques. Danish girls sacralise l’épouse. Il est trop linéaire pour dire quoique ce soit du genre ou du couple. J’ai chopé les infos biographiques sur wikipédia, qui m’a semblé plus intéressante que le film…
      Sinon, je suis en cours d’acquisition du Duke of Burgundy. 🙂

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