Féerie pour les ténèbres : Fantasy en compost

31833Il trônait dans la PAL depuis un long moment. Je crois l’avoir ramené lors de ma première excursion aux Utopiales en l’an de grâce 2014. Enfin, je me suis attelé à Féerie pour les ténèbres de Jérômes Noirez. Ce fut une bonne manière de terminer l’année, positive parce que ce livre est impressionnant et en même temps pas complètement optimiste, comme vous allez le voir. 
Initialement publié en 2004 aux défuntes éditions Nestiveqnen, Féerie pour les ténèbres a été regroupé en deux intégrales par Le Bélial ». C’est, ici, de la première partie qu’il s’agit. 

Féerie pour les ténèbres nous entraine dans un monde médiéval fantastique bouleversé par l’arrivé et le développement de la technole c’est-à-dire du plastique et autres matières contemporaines. Je voudrais bien dire que tout commence avec l’assassinat de la fille du Comte d’Ando, mais véritablement tout a commencé avant. En tout cas, c’est par cet évènement que commence la rencontre avec une ribambelle de personnages, dont Obicion, enquêteur, Malgasta une pouilleuse au mauvais endroit au mauvais moment, Gourgou et Grenotte, un sculpteur, un fraselé de l’Au-dessous etc.

L’histoire repose sur leur parcours hasardeux. Autrement dit, les enjeux narratifs sont ténus, mais c’est le chemin qui compte. Celui-ci nous emmène dans un monde qui ne tient pas debout et semble en prendre conscience.

L’auteur ne s’encombre pas de quelques descriptions psychologiques, seuls les actes comptent. On peut donc mettre un peu de temps avant de comprendre les parcours des personnages et surtout de s’y attacher surtout que cette compagnie est loin d’être aimable. Mesvolue, fraselé parmi les rioteux, est très porté sur les autopsies et les mutilations. Les seigneurs sont des tortionnaires pervers. Les autres sont des pouilleux, qui font ce qu’il faut pour survivre.

Ces personnages baignent dans un univers incertain, car en constante transformation. Leur propre terre apparait en mutation. Ces habitants ne semblent pas y faire face avec beaucoup de raison. On est loin des schémas structurés et structurants. L’univers de Noirez ressemble à une maquette en pâte à modeler dégoulinante où tout se mélange. Le terme le plus approprié est « organique », comme le composte peut l’être.

Violent et souvent peu ragoutant, Féerie pour les ténèbres absorbe son lecteur. On est porté par le verbe et la poésie cocasse de Jérôme Noirez. Dans ce monde, il est question de « vent de cul » et on jure par Goebbels. Autant vous dire que j’ai été charmé.

Vous trouverez sur le blog du Bélial’ un article dans lequel l’auteur évoque ses inspirations.

Féerie pour les ténèbres, Jérôme Noirez, Le Bélial, 2012.
Illustration : Aurélien Police
23€

2 réflexions sur “Féerie pour les ténèbres : Fantasy en compost

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