Flatland : Pays-plat

flatland_back-a-mettre-en-premierIl était une fois la Salle 101. Gérard Abdaloff présentait le jeudi 31 janvier Flatland d’Edwin Abbott Abbott. Il promettait d’être aussi beau qu’intelligent. Ce classique de la science-fiction est d’abord paru dans la collection Présence du futur/ Denoël en 1968. Il a connu plusieurs réédition, la plus récente est le résultat du travail des Editions Zones Sensibles. 

Edwin Abbott Abbott est un théologien du 19e siècle (1838-1926). Flatland est un monde en deux dimensions tous les individus sont des formes géométriques. Plus la forme est proche du rond, plus l’individu est haut dans la hiérarchie sociale.

Dans une première partie, Abbott nous raconte la tentative de révolution des couleurs. Les triangles les plus obtus, un équivalent du prolétariat propose de changer le système de distinction sociale en le remplaçant par des couleurs. Ce système devrait donner plus de chance aux triangles, mais aussi des femmes. Celle-ci sont des aiguilles, quasi invisible-les lorsqu’on les regarde par la pointe.

Dans une seconde partie, notre narrateur rencontre le roi de Lineland auquel il tente d’expliquer que le monde est constitué de deux dimensions. Par la suite, le narrateur découvre qu’il a lui-même une vue biaisée de son espace.

10096312245_f412e9b56e_bDe toute évidence, Edwin A. Abbott nous livre une critique de l’obscurantisme, mais aussi de l’emprise des dirigeants sur leurs populations. C’est une bonne transition à La main gauche de la nuit, car les situations dépeintes par Abbott ne sont pas manichéennes. Nous ne faisons pas face uniquement à des personnages de mauvaise foi qui se refusent à toute découverte. Au travers des différentes discussions que mène le narrateur ont expérimenté la difficulté de voir un cube, par exemple, lorsqu’on a toujours cru voir un carré. Il faut se projeter en dehors de soi-même et être capable de remettre en question ses croyances. C’est aussi un éloge de l’expérience. Le débat théorique ne suffit pas.

La plume d’Abbott impressionne par sa fluidité et son efficacité. On se laisse porter par la démonstration, malgré que l’analogie choisie ne soit pas la plus excitante du monde : la géométrie. Réduire le monde dans lequel nous vivons à un espace en deux dimensions se révèle pertinent et certainement pas dénué d’humour.

« Chez nous, les Prêtres sont les administrateurs de toute affaire, de tout Art et de toute Science ; les Directeurs du Négoce, du Commerce, du Commandement militaire, de l’Architecture, des Travaux Publics, de l’Education, de la Politique, du Législatif, de la Morale et de la Théologie ; ne faisant jamais rien eux-mêmes, ils sont la Cause de tout ce qui vaut d’être fait et qui est exécuté par d’autres » p65

Les élites religieuses, mais pas uniquement, n’en ressortent pas indemnes.

Je souligne enfin le travail éditoriale des Editions Zones Sensibles. Vous pourrez appréciez une couverture en relief dont les lettres se découpent, bon je n’ai pas essayé sur mon exemplaire. Le texte est littéralement mis en forme, la présence d’illustration géométriques, mais aussi le fil de couleurs avec lequel sont cousus les feuillets. En plus d’être beau, cette présentation est complètement cohérente avec le propos de l’auteur.

  zonessensibles105-2012

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