Maison européenne de la photographie  : Des vertus de la simplicité

Je me suis rendue à la Maison européenne de la photographie, un endroit agréable. La MEP prend le temps et l’espace d’exposée largement plusieurs artistes. La sélection de cette saison m’a cependant peu convaincue. 

129416669457044085_2eba605e-0e5d-4ea3-99f4-843a5f559202_337488J’ai découvert l’existence d’Andres Serrano (1950 — ), photographe américain déjà très connu. Il est devenu « controversé » grâce à la photographie d’un christ plongée dans un mélange de sa pisse et de son sang (Piss Christ, 1989). Tout ceci, bien sûr, dans le but de critiquer la commercialisation de la religion. Comme le disait un certain président de la France, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre. Les séries présentées à la MEP sont, elles aussi, tout a fait indolent. Toutes sont principalement composées de grands portraits au-delà de la taille humaine. Elles sont supposées nous parler du 11 septembre, du Klan, des sans-domiciles à New York et à Bruxelles. Concrètement, on voit bien que Serrano est capable de tout esthétiser. Sous couvert de rendre leur dignité à SDF, il les rend regardable pour la bourgeoisie tranquille. Il est hilarant de voir que ces photos ont été exposées dans les tunnels des métros, lieu dans lequel les mêmes SDF sont particulièrement traqués.

dm01-tt-width-836-height-550-fill-1-bgcolor-000000On enchaine avec le travail de Diana Michener, un savant mélange de vacuité et de niaiserie. La photographe nous montre des animaux en cage, sans cohérence de format, le tout imprimé sur du papier canson parce que c’est une artiste. Je vous laisse apprécier un extrait du texte de présentation :
« Diana Michener montre ici, dans sa série la plus récente, un travail poignant autour d’animaux en captivité et réalise des photos qui pour elle ne sont pas simplement des images d’animaux, mais sont devenues des autoportraits. »

Ensuite, la MEP exposait le lauréat du prix Polka/AFD dont elle est partenaire. C’est aussi une déception. Johan Rousselot présente « New Delhi, les trente désastreuse ? » dans laquelle il est supposé avoir saisie la pollution de la ville, ainsi que les obstacles à son développement (accès à l’eau, logement, etc..). À en croire les arguments de présentation, Johan Rousselot va nous présenter une thèse. En faite, nous verrons des photos alternant paysages de misère et des portraits d’une classe aisée.

hc031-tt-width-836-height-550-fill-1-bgcolor-000000Enfin un peu de lumière avec les French Archives 1957-1958 d’Harry Callahan (1912-1999). Sans prétention, Callahan nous présente ses photos de vacances. Celles-ci sont belles, on y voit le jeu de la lumière, sans doute accentué au moment du développement.

On suit l’artiste dans « Photo de famille », collection de la MEP dans laquelle il côtoie Ralph Eugene Meatyard et Nicolas Nixon. Le premier met en scène sa famille de façon drôle et dérangeante. Le dernier a pris en photo sa femme et ses trois sœurs en photo, un fois par an tous les ans pendant une quarantaine d’années. Le résultat est impressionnant.

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