Your name : Le droit à l’oubli

AFFICHE_YOURNAME.inddJ’ai terminé le mois de janvier en allant voir un film niais et à fin de maintenir la ligne éditoriale de ce blog, j’ai décidé d’enchainer avec un autre film niais. 
Your name ou Kimi no na wa, parce que je ma suis renseignée avant de rédiger cette chronique, est le film improbable que je suis allée voir. L’animé japonais n’est pas un genre vers lequel je me tourne instinctivement. Your name dont il semble que la seule qualité soit d’avoir détrôné les studios Ghibli au box-office. Je découvre donc l’existence de ces studios que je connaissais sans le savoir puisqu’ils sont les producteurs de Hayao Miyazaki dont Porco Rosso (1992) a marqué ma jeunesse.

Your name est un animé plus humble nous contant l’histoire de Matsua, jeune fille de la cambrousse japonaise et de Taki, jeune Tokioyte. Ces deux adolescents échangent leurs esprits quelques fois par semaines pour une raison cosmique entrainant des situations ô combien cocasses.

Le réalisateur, Makoto Shinkai, a la bonté de saupoudrer son histoire de quelques éléments « intéressants ». Nous avons donc une jeune fille, qui n’en peut plus de son bled et un jeune citadin obligé de travailler pour supporter le cout de la vie à Tokyo. Dans sa subtilité, Shinkai nous évite une opposition stricte entre les deux, mais nous propose plutôt une cohabitation du Japon moderne et de ses traditions. On notera d’ailleurs l’introduction d’un flash-back au dessin supposément « traditionnel », mais qui, surement, comme le reste du film est purement de synthèse.

Your name insiste sur la nécessité de se souvenir. En effet, les personnages oublient progressivement leurs échanges de corps. Cette histoire est mise en parallèle avec les traumatismes écologiques traversés par le pays. Chacune entraine une destruction du patrimoine, ainsi l’histoire et les traditions japonaises reposent sur le souvenir transmis ou non. Sans cette transmission de la mémoire, le pays est contraint à l’oubli et à répéter des rituels sans en connaitre le sentent. Cette dimension est incarnée par le rôle de la grand-mère de Matsua.

Le film ne se concentre pas plus que cela sur ces thèmes, car sa trame narrative est quand même dominée par la romance entre Matsua et Taki. On l’a dit Your name est un animé humble flirtant avec aisance avec la niaiserie. Nul poésie ou symbolisme. Si Shinkai a un message a vous faire passer il vous le dira, parfois à plusieurs reprises pour être sur que vous ayez compris. La structure de Your name s’apparente plus à une série voir au téléfilm. Nous sommes donc gratifiés d’un générique dans lequel, si vous n’êtes pas sujet aux crises d’épilepsie vous permettra d’anticiper les retournements de situations à venir. Après un bon tiers, on nous rajoute une sorte de résumé explicatif accompagné d’une musique dont l’ADN est en symbiose totale avec celui du marshmallow dégoulinant. Cette bande-son vous permettra de passer sans sourciller sur les incohérences scénaristiques.

Personnellement, je vais retourner voir Porco Rosso.

Your name, Makoto Shintai, 2016

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