Détectives : Le Magazine des classes dangereuses

 16142369_1182128251905034_190719778634252472_nJ’ai toujours considéré le magazine Détective (aujourd’hui le Nouveau Détective) comme une honte suprême, pire que la pornographie, pire que le roman photo et même pire que la presse féminine. Les quelques titres que j’ai pu croiser m’avaient conforté dans cette impression. C’est avec perplexité que je me laissais guider par Georgette dans l’exposition proposée par la BiLiPo. 

Détective, premier du genre, est fondé en 1928 par la maison Gallimard, un aspect qu’Une autre histoire de l’édition française avait oublié de mentionner. Gaston Gallimard était certes un amoureux des belles-lettres, mais aussi du rendement et avait décidé d’investir dans un genre un peu plus populaire.

Dés le départ, Détective brouille les pistes entre réalité, fiction et bidonnage. Certains de ces contributeurs espèrent passer du magazine à l’une des collections plus prestigieuses de la maison Gallimard. L’élaboration des enquêtes est élevée au rang d’arts. La rédaction cultive un mode de vie fort sympathique arrosé de whisky. Tout est bon pour appâter le chaland : des couvertures racoleuses aux jeux concourent.

La ligne politique du magazine est aléatoire. George Kessel, l’un des fondateurs, semble trouver une noblesse aux faits divers. Peut-être ? Certaines avant-gardes d’après-guerre se prendront d’intérêt pour certains d’entre eux comme cas idéal typique de nos sociétés malades.

L’aventure prend fin avec l’arrivée des Allemands. Les positions du journal sont anti-germaniques. Cela tombe à pic pour Gaston Gallimard puisque le Détective ne faisait plus recette. Il renaitra de ses cendres après guerre. Plusieurs titres seront expérimentés avant de trouver le Nouveau Détective.

01_lnd_1715Je ne suis pas ressortie de l’exposition avec un abonnement, je vous rassure ce n’est pas le but de la BiLiPo. Pour les curieux, les numéros du Détectives ont été numérisés et son disponibles. Je ne doute pas du phénomène qu’a été et est peut-être toujours ce magazine. Détective est un dépotoir à fantasme et à horreur. Il est rejeté de toute part par la droite accusée de dévoyé les âmes chrétiennes, mais aussi par la gauche, ce qui lui fait au moins une vertu.

Détective, fabrique de crimes? Bibliothèques des littératures police policières, 19 janvier 2017 au 1er Avril 2017
Commissaires : Marie-Eve Therenty et Amélie Chabier
Entrée libre

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