Ghost in the film

L’animé Ghost in the shell (1995 – Mamoru Oshii) m’avait laissé peu de souvenirs, d’abord celui de l’avoir vu, ensuite ne pas y avoir saisi le discours profondément révolutionnaire sur le transhumanisme. Je ne pouvais pas être déçue par cette adaptation en prises « réelles ». Cependant, j’aurai dû me renseigner un petit peu et me rendre compte que le réalisateur choisi n’était autre que celui ayant commis Blanche-Neige et le chasseur (2012). 

Ghost in the shell est donc l’histoire du Major Cynthia, celle-ci est une androïde possédé par un esprit humain, nous dit-on de but en blanc dès le début du film. On nous annonce également, comme à Cynthia, qu’elle a été sauvée de la mort. Par ces deux informations, le film évacue donc tout questionnement existentiel et résout son intrigue, la nature du major nous est donné et enfin Il est évident que l’entreprise de sécurité ou le gouvernement ne sont pas des gens soucieux du libre arbitre.

Passons à la seule chose qu’il reste à ce film, la mis en scène avec acteurs et décors « réels ». Les premiers sont très bons. Je dirais même que Scarlett Johansson se dépasse. Son corps se meut comme celui d’un personnage de vidéo. Ses mouvements glissent. On peut reprocher la pseudo sexualisation de l’actrice, on voit de la peau, mais aucun téton ne dépasse. On laisse deviner sa nudité sans jamais la révéler, faisant se confondre sa combinaison avec une peau humaine. Le reprocher à ce film en particulier serait relativement injustice, puisque cette vision de la femme s’apparente à celle des comics que le réalisateur est censé imiter. De plus, on peut déjà se satisfaire de voir un corps, vraisemblablement, nourri régulièrement.

Le choix des autres acteurs, malgré leurs interprétations correctes, pose problème. Non seulement Scarlett Johansson n’est pas asiatique, mais la plupart des rôles principaux ont été distribués à des « Caucasiens » (Juliette Binoche, Pilou Asbæk). Je ne savais pas que la politique migratoire du Japon était si ouverte.

Les décors sont peu aboutis. Le monde futuriste dans lequel évolue le Major se distingue par deux éléments : les pubs holographiques et le transhumanisme. Les premières sont floues et les seconds sont accessoires. Tous les décors en plan rapproché auraient pu être tournés dans n’importe quelle ruelle de Tokyo.

Quant au scénario, celui-ci met une heure a s’activé et est saboté à quelques minutes de la fin. Il nous est expliqué que le Major Cynthia a été enlevé par le gouvernement or sa vengeance se porte sur un type, dont on ne sait pas quel est le rôle dans l’entité qui l’embauche. La vengeance du Major s’exécutera avec l’aide du gouvernement pour qui elle continuera de travailler. Il n’y a pas d’explication à cette incohérence si ce n’est la volonté de désamorcer tout aspect subversif au film comme au personnage.

Ghost in the shell, Rupert Sanders, 2017

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