La Belle et la Bête : Œdipe in Stockholm

h-HO00001074La Belle et la Bête est un dessin animé de Disney sorti en 1991. À cette époque, le personnage féminin principal passait  pour une aberration selon les critères de Disney. Belle était certes jolie, mais ce qui la distinguait était son gout pour la lecture et son intelligence. On assistait à un renversement des rôles puisque c’était elle qui sauvait son prince. C’était un bel effort qui pouvait nous faire mettre de côté les aspects dérangeant du comte, c’est-à-dire que la jeune fille tombe amoureuse de son geôlier.
Cependant, Disney a entamé  la réadaptation de ces classiques en prises « réelles » d’abord avec Maléfique (2014, Robert Stromberg), qui s’offrait un scénario inédit. La créativité semblent coutent plus cher que les effets spéciaux chez Disney. Cendrillon (2015, Kenneth Branagh) et Le Livre de la jungle (2016, Jon Favreau) ont donc été des reconstitutions plan par plan. La Belle et la Bête n’y a pas échappé. On pourrait penser que cela limite les risques et bien non, surtout quand on a choisi le réalisateur des deux derniers volets de Twilight Bill Condon. 

Cette version de La Belle et la Bête décide d’aller plus loin et d’explorer les abysses de son histoire. Belle n’est plus une jeune fille intelligente aimant la lecture, elle enseigne la lecture et invente la machine à laver à ses heures perdues, objet de libération de la femme par excellence. On creuse dans son passé en lui inventant une mère lépreuse et une vie parisienne. Les deux protagonistes vont donc se téléporter à Paris. La Bête en profite pour proposer une visite des Champs-Élysées, mais se ravise les jugeant « trop touristiques » et brisant ainsi le quatrième mur pour une blague. Les moment d’humour ne sont pas les seuls à être embarrassants, les images de synthèses aussi. La Bête est affublé d’une masque sur lequel aucune émotion ne transparait. Emma Watson est en permanence face à du vide et ça se voit, notamment dans la scène du dîner.

Pour coller au plus près du réel, le réalisateur nous situe dans un lieu et une époque, la France au 18e siècle, tout en embauchant une myriade d’acteurs noirs. Il faut m’expliquer comment la France participe au commerce triangulaire tout en intégrant des noirs à sa société. On peut d’ailleurs souligner que leur présence est purement esthétique. La scène d’ouverture montre des courtisanes dansées, chaque couple se forme d’une noire et d’une blanche. C’est très beau, mais vain. Ces personnages noirs seront très vite transformés en objets et ne réapparaitront qu’à la toute fin. Le révisionnisme se porte bien chez Disney.

Enfin, la scène finale est un copier-coller version fleuri de la scène d’ouverture nous confirmant qu’aucun progrès ou apprentissage n’a été opéré de la part des personnages. Par contre, il est possible qu’un abêtissement ait été entamé de la part du spectateur.

La Belle et la bête, Bill Condon, 2017

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