Grave / The Lost film of Gray

En ce moment, je peine sur la lecture, ce qui veut sans doute dire que je devrais changer de lecture. En attendant, je vais voir des films. 


The_Lost_City_of_ZThe Lost City of Z
est l’adaptation d’un livre du même nom écrit David Grann, journaliste au New Yorker, lui-même inspiré de la vie de Percy Fawcet (1867-1925).

Percy Fawcet est, ici, interprété par Charlie Hunnam, qui se révèle un peu plus qu’un minet trop baraqué (Sons of Anarchy, Kurt Sutter, FX, 2008-2014). Le film retrace trois expéditions de Percy Fawcet entre le Brésil et la Bolivie à la recherche d’une cité antique.

Ce film n’est pourtant pas un film d’aventure. Il n’est d’ailleurs pas grand-chose, chaque piste empruntée par son réalisateur étant très rapidement désamorcée. Le personnage de Percy Fawcet reste insaisissable. Plusieurs hypothèses sont proposées aux spectateurs pour comprendre pourquoi un homme quitte son foyer à la recherche d’un lieu dont il est le seul à en croire l’existence. L’ascension sociale ? L’obsession ? La fuite du foyer familiale ? Aucune ne semble correspondre tant Percy Fawcet apparait comme un homme raisonnable. Il devient d’ailleurs incroyable que cet homme soit devenu une légende tant il ne semble animé par rien d’extraordinaire. J’aimerai y voir la volonté de James Gray de déconstruire la légende, mais rien ne vient confirmer ou infirmer cette interprétation. Les choix de réalisation sont tellement ténus que le film nous échappe, tout en parvenant à se montrer poussif à certains moments, entre autres, lorsqu’il traite de la relation de couple entre Fawcet et sa femme. Ils nous disent s’estimer comme des égaux et pourtant rien à l’écran ne l’attestera. Ce problème est récurrent, un des compagnons de Fawcet l’accuse d’être aveuglé par son obsession, là aussi, rien ne transparait à l’écran.

Il en va de même quand aux parties prises esthétiques du film. James Gray décide de tourner à la pellicule, le grain est assez voyant. La jungle est défaite de son aura extraordinaire et dangereux, qui est le regarde que l’homme blanc pose sur elle, pour adopter celui des autochtones, c’est-à-dire un lieu de vie. Là encore, on repartira quand même avec un doute. Peut-être qu’après tous ces paysages urbains, James Gray ne savait pas comment filmer cette nature si peu familière?

On ressort de ces deux heures vingt de film frustré d’avoir vu tant d’histoires possibles et aucune se réaliser.

538324Grave est un film dont j’ai récemment pris connaissance. Pourtant cela fait un an qu’il tourne dans différents festivals, Cannes par exemple, et reçoit un accueil chaleureux. Contaminé par l’enthousiasme général, j’ai surmonté mon appréhension pour le sujet : le cannibalisme.

Justine (Garance Marillier)entre en école de vétérinaire lors de son bizutage, elle va gouter à de la viande. Il n’y a pas grand-chose à en dire de plus à la fois pour apprécier au mieux le film, mais aussi, car Julia Ducournau ne nous en dira pas vraiment plus.

Grave se contente humblement de suivre la découverte du gout pour la viande fraiche de Justine. Il n’y a pas de symbolisme ou de métaphore, même si la réalisatrice a l’intelligence de flirter avec cette idée. Grave ne sont pas dénués de seconds degrés, malgré le sérieux avec lequel il filme les scènes de dégustation. Le cannibalisme est présenté crument, si vous me permettez l’expression. La plupart des scènes sont filmées avec un grand-angle, ce qui permet de jouer avec la symétrie ou l’asymétrie, mais aussi des plans rapprochés sur le personnage de Justine, légèrement déforme, comme sa part d’humanité. Nous sommes donc à la fois dans l’accompagnement de la transformation du personnage sans sombrer dans l’empathie.

Grave, provoque un certain dégout face à la nonchalance apparente des scènes de dégustation, mais tout ceci reste en fait fort supportable. D’ailleurs, aucun de ces moments n’est gratuit puisque chacun nourrit l’intrigue et le parcours des personnages.

Il faut souligner la performance des acteurs. La sœur de Justine, Alexia est joué par Ella Rumpf et Adrien, le pote gay, par Rabat Nait Oufella, que j’ai déjà pu voir dans Nocturama (Bertrand Bonello, 2016).

The lost city of Z, James Gray, 2017
Grave, Julia Ducournau, 2017

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