Bilan Aout 2017

la_bande_noireLa période des vacances n’est pas propice à la lecture. Je suis trop occupée. J’aurai donc rarement aussi peu lu qu’en ce mois d’aout et je ne peux même pas prétendre à des lectures édifiantes.

Tout a débuté avec La Bande noire, un essai politique et historique, paru aux éditions de L’Échappée cette année.
Yves Meunier nous y raconte les actes de révoltes commis par des ouvriers à l’encontre de l’église, mais aussi de leurs contremaitres.
Ce travail de recherche se présente de façon formelle. On passe par une première partie de présentation du contexte. François Léonce-Chagot est à la fois directeur de l’usine et maire de la ville de Montceau-les-Mines. Il gère avec paternalisme ses ouvriers à l’aide du curé en place. Rien n’échappe à leurs surveillances et les ouvriers les moins zélés sont rapidement identifiés et remerciés.
L’auteur reconstitue les actes de la Bande noire comme si on y était. Ses sources proviennent des comptes rendus de procès et des articles de presse.
L’exposée présente cependant de nombreux défauts rendant sa lecture pénible. Tout d’abord, il n’y a aucune analyse de fond. L’auteur reconstitué un récit pour coller à la réalité de ses acteurs. La révolte des mineurs de Montceau se transforme en roman d’aventures aux nombreux rebondissements. On ne comprendra pas précisément d’où provient le terme de Bande Noire. Il est la signature de certaines lettres de menaces, mais pas de toutes. Il semble que tout acte de rébellion contre l’église et le patronat commis dans les années 1880 à Montceau ait été le fait de La Bande noire. Il en va de même quant au concept de « propagande par le fait », s’agit-il d’un moyen de lutte revendiqué par les hypothétiques membres de La Bande noire ou un qualificatif posé a posteriori.
Enfin, on est si bien plongée dans le feu de l’action qu’il est difficile de se repérer historiquement autant du point de vue local que national. Des élections sont souvent mentionnées, mais rarement leurs enjeux.
Ce survol du sujet nous donne envie d’en savoir plus, ce qui pourrait s’avérer compliqué. Les travaux consacrés à La Bande noire sont peu recommandés par l’auteur, les extraits cités laissent en effet dubitatifs puisque rempli de dédain pour ses ouvriers dont la révolte se rapproche plus de l’accident que de l’acte politique. Ceci nous permet de relativiser la déception du récit d’Yves Meunier et de nous rappeler que raconter l’histoire est une tâche périlleuse.

La-bibliotheque-de-Mount-CharEnsuite, il y a eu La Bibliothèque de Mount Char. J’attendais cette lecture et pourtant dès les premières pages, j’ai senti que quelque chose n’allait pas.
Le premier problème réside dans la traduction. Celle-ci alterne entre un langage courant (s’ennuyer à mourir), soutenu (vêture) et complètement désuet (avoine) et se trompe dans la retranscription d’expressions courantes (security clearance en clairance de sécurité, ce qui n’a aucun sens quelque soit le niveau de langue employé).
On devine cependant que le matériau de base ne faisait pas appel à un grand génie littéraire. Le plus regrettable se trouve dans la structuration chaotique du récit. La Bibliothèque de Mount Char débute avec les mésaventures de Carolyn dont le « père » a disparu, ce qui constitue à la fois un problème et un soulagement. Une centaine de pages plus loin, nous abandonnons Carolyn au profit de Steve. Ce changement de personnages principal amène quelques soucis. Notre nouveau héros n’en est pas un. Il est une marionnette entre les mains de Carolyn, il ne prend aucune décision, n’opère aucun choix. Ainsi se succède une série d’évènements insensés dont il revient au lecteur d’imaginer les tenants et les aboutissants, une peine bien inutile, car Scott Hawkins nous expliquera finalement tout a posteriori.
Les rebondissements sont pathétiques et improbables; en voulant nous décrire l’attaque d’une meute de chiens, l’auteur se retrouve à énumérer la liste des races classées au LOF. Les personnages sont blessés, mais s’en remettent toujours. Sur le mode du comics, La Bibliothèque de Mount Char a toujours un tour dans sa poche et personne ne meurt jamais vraiment. L’action n’est qu’une suite de péripéties ne menant à rien.

La Bande noire, la propagande par le fait dans le bassin minier 1878-1885, Yves Meunier, L’Echappée, 2017
17€

La Bibliothèque de Mount Char, Scott Hawkins, Lunes D’encre, Denoël, 2017
Traduction : Jean-Daniel Brèque
22,90€
Lu dans le cadre du Challenge Lunes d’Encre organisé par Les murmures d’A.C. de Haenne.

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