Auprès de moi toujours : Poésie de la défaite

9782848930190Le Prix nobel de littérature et moi-même sommes assez raccord, si on omet l’épisode Bob Dylan. J’avais bien aimé Svetlana Alexievitch, eux aussi. En visionnant Never let me go (Mark Romanek, 2010), j’avais eu envie de lire Kazuo Ishiguro, contrairement à l’Académie suédoise je n’avais pas été jusqu’au bout de cette impulsion. C’est chose faite. 
Je ne sais absolument pas comment le film de Mark Romanek a pu me donner envie de quoi que ce soit sinon dormir. 

 

Kath, notre narratrice, occupe une position d’accompagnante. Elle exerce depuis quelques années quand le livre commence. Sa carrière va prendre un nouveau tournant et elle en profite pour se remémorer sa jeunesse dans le pensionnat de Hailsham.

Sous couvert d’une intrigue bourgeoise et classique, Kazuo Ishiguro dissimule une trame plus subtile. En effet, les enfants d’Hailsham sont spéciaux.

On revisite donc l’enfance de Kath et ses camarades, qui tout atypiques qu’ils sont, vivent des choses très banales. Kate se révèle donc une enfant docile, Ruth prête à tout pour obtenir l’attention des autres et Tommy, un être fragile et déficient. Ce trio va nous conduire jusqu’à la révélation de leurs états. Les interactions entre ces trois personnages correspondent aux stéréotypes du triangle amoureux. On s’en lasse vite. On aimerait que la narratrice suive notre exemple, mais non. Kate reste, Kath retourne vers ses amis de jeunesses pour prendre conscience de l’absurdité de leurs destins.

Kazuo Ishiguro illustre par une métaphore, nourri de science-fiction, la vacuité de l’existence. Les vies humaines ne servent qu’à nourrir un système froid. Avec son personnage principal, il nous montre la douce apathie avec laquelle certaines personnes mènent leurs vies. Je dis certaines personnes, car clairement je ne peux pas me sentir concerné par les portraits dépeints. D’ailleurs, je ne connais personne s’engouffrant dans la vie avec le calme implacable de Kath.

Auprès de moi toujours m’a donc laissé perplexe. Mes sourcils se relevaient régulièrement pour noter l’absence de qualité de la traduction. Les phrases semblent construites pour être les plus lourdes et les moins fluides possible. Les avalanches de « que » sont fréquentes. Cela ne pas aider à compatir aux sorts de nos protagonistes.

Je ne désespère pas encore de Kazuo Ishiguro et je me lancerai bien, en anglais, dans la lecture de The Buried Giant (Le Géant Enfoui, Folio) qui se déroule au Moyen-Age et traite de la mémoire.

Auprès de moi toujours, Kazuo Ishiguro, Editions des Deux terres, 2006
Traduction : Anne Rabinovitch
8,90€ (Folio/Gallimard)

 

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