Capitaine Rétro

59935Cela peut paraitre surprenant que je me lance dans la lecture de Capitaine Futur. Régulièrement, je me dis que je devrais resserrer ma ligne éditoriale à fin de limiter mes déceptions. Pourtant, il y a un certain plaisir à passer du snobisme de Karel Capek à la délicatesse de Kazuo Ishiguro et enfin aux grosses pattes d’Ed Hamilton. 

Capitaine Futur est un personnage créé par l’éditeur de comics Mort Weisenger (1915-1978). Ed Hamilton (1904-1977) a travaillé pour la maison DC comics en tant que scénariste. Les trajectoires des deux hommes se rencontrent et aboutissent à la publication des aventures du Capitaine. Leurs publications débutent en 1940 dans Captain Futur Magazine puis Startling Stories jusqu’en 1951.

Sous nos latitudes, nous connaissons le Capitaine Futur sous le patronyme de Flam grâce à une série animée japonaise dont le générique aura traversé les âges.

Les romans d’Ed Hamilton n’avaient jamais traversé l’atlantique jusqu’à aujourd’hui. Soixante-dix ans ont passé et les Éditions du Bélial » nous délivrent enfin les aventures originales du Capitaine. Les deux premiers tomes sont parus et un troisième est en préparation pour 2018.

Dès sa première apparition, le Capitaine Futur affronte un ennemi incommensurable : l’Empereur de l’espace. Ce dernier a trouvé le moyen de transformer les hommes en monstre. Il opère depuis la colonie terrienne Jupiter sur lequel il s’est allié les indigènes Joviens.

tumblr_oottcj9Y3Z1rt1ahmo4_1280Les aventures du Capitaine Futur sont des symptômes de leurs époques et ne brillent pas leur progressisme. Capitaine Futur équivaut à un Superman ou un Captain America. Il représente l’homme blanc comme il se rêve : beau, fort et incorruptible. Il répand la justice sur son passage. Le droit à la non-ingérence ne le concerne pas. Tout cela fleur bon le colonialisme, mais pas seulement. Nous avons également une représentation tout à fait douteuse de la femme, qui ne sert que de faire valoir à notre héros et d’amoureuse éplorée.

Il serait stupide de le reprocher à cet ouvrage, qui se transforme aujourd’hui en pièce muséale. Capitaine Futur témoigne de la médiocrité de l’homme blanc, mais aussi d’une certaine façon de raconter les histoires.

Le style est linéaire, chaque page est l’occasion d’une nouvelle péripétie. Le récit parvient à manier simplicité et de nombreux rebondissements. Le héros avance à la force de son « foudroyant », abattant ses ennemis, tous monstrueux et sans personnalité. On comprend la nécessité d’être passé à des récits « post-moderne » où les valeurs manichéennes se brouillent. Le bien et le mal se déguisent et se confondent. Les intrigues se compliquent, des éléments sont cachés aux lecteurs.

Captain futur devient un plaisir d’adulte nostalgique qui peut gouter le style désuet parfaitement retranscrit en français par Pierre-Paul Durastanti.

Capitaine Future, l’Empereur de l’espace, Editions du Bélial’, 2017
Traduction : Pierre-paul Durastanti
14,90€

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