Salut d’en-bas!

au-revoir-la-hautLa Fille qui n’aimait rien n’aime pas les rentrées, mais elle est prête à reconnaitre qu’elle a pu par le passé manquer quelques pépites. Par la sainte grâce d’Albert Dupontel, le mal est réparé. La Fille qui n’aimait rien vénère tellement Albert Dupontel qu’elle n’a même pas vu son dernier opus pour se décider à lire l’œuvre dont il est tiré. Elle ne l’a toujours pas vu à l’heure d’aujourd’hui. 

Pierre Lemaitre est né en 1951 et a suivi une formation de psychologue, ce qui explique bien des choses. Ces précédentes œuvres se situent dans le domaine du polar et du thriller, ce qui explique là aussi bien des choses.

Au Revoir là-haut débute en novembre 1918. L’armistice va être signé d’un instant à l’autre. Sur le front, le capitaine d’Aulnay-pradelle envoie deux soldats en reconnaissance. Ils ne reviendront pas. L’assaut pour récupérer la côte 113 est lancé. C’est ainsi qu’Albert a failli mourir à quelques jours de l’Armistice. Il est sauvé in extremis par Edouard Péricourt, gravement blessé dans la manœuvre.

Il s’en suit le pénible retour à la vie civil qui sera le cœur du récit. Albert et Édouard rentrent du front et ils n’ont plus rien. Pas de travail. En cinq ans, les employeurs ont trouvé d’autres employés, moins traumatisés et moins boiteux. Les fiancées ont fait de même.

Pourtant, la guerre sourit à certains. Elle a fait des morts, qui ont été enterrés à la va-comme-je-te-pousse, ce qui ne satisfait que moyennement les familles. Celles-ci décident de s’organiser pour mettre en œuvre le rapatriement de leurs proches, entrainant un véritable trafic des corps des poilus. Cette partie se base sur des faits réels.

Pierre Lemaitre extrapole en imaginant l’ouverture d’un marché légale pour ce rapatriement. L’occasion pour le capitaine d’Aulnay-Pradelle de renflouer ses poches de fin de race déchu et de rénover la demeure familiale.

Il n’y a pas de polar à proprement parler puisque nous ne suivons pas l’enquête. C’est un autre puzzle que nous propose l’auteur, celui d’une galerie de personnages et qui va dresser le portrait d’une société. À travers les yeux de chacun, c’est la France d’après-guerre qui se dévoile.

En dépit d’une représentation acerbe des puissants, mais aussi des communs, Lemaitre nous épargne un récit misérabiliste. Au revoir-là haut est plutôt une fable burlesque. Nos personnages, héros ou antagonistes, flirtent tragiquement avec le ridicule.

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Une lecture passionnante qui revisite les joies et les bonheurs de combattre pour la nation. On n’aurait tort de s’en priver.

Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre, Albin Michel, 2013.
Prix Goncourt

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