Lu (4)

Après Au revoir là-haut, La fille qui n’aimait rien a décidé de revenir aux lectures de l’imaginaire.

Couve La Quête 1e et 4eLa quête onirique de Vellitt Boe, Kij Johnson, Le Bélial’, 17,90 €
Florence Dolisi (traduction) Nicolas Fructuc (illustrations)

La quête onirique est un hommage critique à La quête onirique de Kaddath (1943) de Lovecraft. Cela commence par la disparition de Clarie Jurat du Collège de femme d’Ulthar. La disparue s’est enfuie avec un Rêveur pour le pays de l’éveil. Vellitt Boe, enseignante au collège, part à sa recherche.

On ne comprend pas tout de suite l’impérieuse nécessité de ramener Clarie au Collège. Après tout, si Clarie préfère les hommes, le sexe et l’aventure, n’est-ce point son problème ? Passé le premier tiers de la novella,  le lecteur apprend que les choses sont plus compliquées, sans avoir bénéficier du moindre indice auparavant.

Il ne faut d’ailleurs pas se leurrer la quête de Vellitt Boe la concerne plus elle que son élève. Son chemin l’emmène sur les traces de son passé. Elle retrouve de vieilles connaissances, mais surtout elle se remémore une vie d’aventure. Cette introspection du personnage ne suscite pas grand intérêt. Les deux trames, la fuite de Clarie et la quête de Vellitt sont dénuées de toute tension narrative. L’enseignante apparait comme un super personnage inébranlable et l’on apprend simplement qu’elle a toujours été ainsi.

Reve_generaleCette quête se termine sur une incompréhension pour ma part. Kij Johnson oppose le monde onirique, présenté comme enchanteur, mais entaché par la domination masculine, au monde de l’Éveil, dépeint comme un univers égalitaire, rempli de femme et de « couleurs ». Ça me semble desservir le propos de l’autre qui voulait donner à l’imaginaire de Lovecraft un aspect plus féministe, progressiste, etc. Or cette opposition nous démontre que le monde de Lovecraft est condamné par la domination des mâles cisgenre et que notre monde désenchanté lui est porteur de plus d’espoir. Ainsi le monde des rêves n’a rien à apporter et tous se jouent dans le réel. Cette vision me parait tout à fait déprimante. L’idée n’aurait-il pas été de créer un monde onirique plus « juste », plutôt que de l’abandonné à l’imaginaire sexiste et raciste d’un auteur mort ?

couv6571699Moi, Peter Pan, Michael Roch, Mu Édition, 13,50 €

La Fille qui n’aime rien a trouvé les deux œuvres qui suivent aux Imaginales l’an dernier lors d’une extinction de voix qui lui ont permis de passer pour sympathique  pendant 48 h.

La Fille qui n’aimait rien aime bien Peter Pan, cette vision de la jeunesse pas si innocente lui parle beaucoup. Ici, elle est détournée par Michael Roch pour nous parler de l’adolescence. Peter Pan a grandi. Il est préoccupé par le départ de Wendy, la face cachée des gens. Bref, il est sur le point de basculer et de devenir adulte. Ce n’est jamais dit, mais cela semble être le problème latent. Cependant, les pensées métaphysiques sur l’existence d’un adolescent ne sont pas toujours très pertinentes. Elles déclenchent même l’agacement quand elles se font péremptoires.

Michael Roch n’exploite pas suffisamment son postulat de départ, et si Peter Pan grandissait, tout comme il reste timide au Pays imaginaire. L’auteur n’est pas tant intéressé par les personnages qui peuplent l’ile que par les envolés lyriques qu’ils lui permettent.

moutons356-2017Tout au milieu du monde, Julien Bétan, Mathieu Rivero, Melchior Ascaride, Les Moutons électriques, 15 €. 

Tout au milieu du monde est une novella graphique. Bétan et Rivero conte, pendant qu’Ascaride illustre. L’histoire est celle d’un chaman dont la tribu est en train de perdre la bénédiction des esprits. Il part en compagnie de son apprenti et d’une guerrière pour  y remédier.

Le récit met du temps à vraiment démarrer. L’écriture est laborieuse percluse d’adjectifs. À mi-chemin, les auteurs oublient de poser et se concentre sur leurs récits qui s’est enfin trouvés une tension. En effet, on oublie très vite les soucis de la tribu pour voir le chaman et son apprenti s’affronter. Cela arrive très bien. Les personnages sont surpris. Ils passent par une phase amicale où ils sont égaux et puis la jalousie l’emporte.

En dépit de cette touche finale plus positive, je ne peux m’empêcher de rajouter que j’aurais aimé que l’image et le texte se complètent plus. Les deux se suivent en parallèle rendant chacun superflu. On pourrait ne suivre que les images et comprendre l’histoire, tout comme, on pourrait ne lire que le texte sans les images.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :