Une heure et des poussières (2)

La Fille qui n’aimait rien poursuit sa lecture à rebours des textes de la collection Une Heure Lumière avec circonspection. 

61036La Fille qui n’aimait rien a donc découvert Ken Liu. L’expérience ne fut pas si satisfaisante. Le Regard est un polar dans la veine de Blade Runner. Nous suivons une détective, Ruth Law, marqué par la vie et dont la spécificité est de faire fonctionner son régulateur à émotions 23/24h. La Fille qui n’aimait rien n’est pas convaincue par le processus puisque le personnage sait toujours quelle émotion la traverse. Son régulateur ne devrait-il pas la brider complètement ? De plus, quel genre d’humain peut identifier les émotions qui le traversent à l’instant T. Ruth Law mène son enquête ce qui va la conduire sur le chemin de la rédemption et surmonter son traumatisme. Cela se passe de façon tellement mécanique et évidente que c’est agaçant. 

Enfin, Ken Liu avait la petite originalité de nous offrir la perspective du criminel, qui semblait avoir un gros projet. Nous n’en connaitrons jamais les tenants et les aboutissements.

Le Regard, Ken Liu, Le Bélial’, 2017
Pierre-Paul Durastanti (traducteur)
8,90€

59934La Fille qui n’aimait rien espérait que Poumon Vert de Ian R. Macleod remonterait la barre, mais il l’a plutôt fait couler. Cette novella est un récit de vie, celle de Jalila. À travers son existence, on découvre la société créer de toute pièce par l’auteur et dans laquelle les femmes tiennent les rênes. Le pronom neutre est donc « elles ». À notre époque, l’écriture inclusive suffit à réchauffer le cœur de tout féministe en herbe, vraiment ça n’en vaut pas la peine, surtout pas pour ce texte. D’abord, Macleod ne se prive pas pour nous asséner des clichés sur les femmes si douces et compréhensives et ces hommes si bruts qui parlent fort. Enfin, cette société est gangrénée par la religion et ces rituels.
Je ne sais pas où tout cela nous mène puisqu’à la moitié, j’ai cédé face à l’ennui. 

Poumon vert, Ian R. Macleod, Le Bélial’, 2017
Michel Charrier (traductrice)
9,90€

59933Greg Egan est rare sous nos latitudes. C’est un nouvelliste hors pair. Cérès et Vesta ne pouvaient qu’être formidables. Eh bien non ! Le texte n’est pas décevant comme les précédents, il est plutôt frustrant. C’est trop dans trop peu.
Cérès et Vesta sont deux astéroïdes habités par l’homme et co dépendants. Vesta décide progressivement de mettre aux bancs de la société une partie de sa population. La résistance s’organise et Cérès se transforme en territoire d’accueil. Ça s’annonce super. On n’est pas très loin de la Zone du dehors en termes d’ambiance politique. La Fille qui n’aimait rien était dans mon bain et se demandera pendant longtemps ce que ce texte aurait pu donner si Egan en avait fait un roman. 

Pour être honnête, FQNAR n’a pas tout saisi. Elle n’a pas compris exactement pourquoi et comment un groupe de la société de Vesta a été pris pour cible. Ils sont les décevants de quelqu’un. Les premières mesures concernent les impôts. Vesta traverse une crise économique ? Et puis, il y a les surfeurs, des personnes qui circulent d’un astéroïde à l’autre. Elle comprend ce qu’est un moyen e transport individuel, mais on ne le visualise pas.
La lecture demeure exaltante, mais il faut passer sur beaucoup d’éléments trop flous. 

Cérès et Vesta, Greg Egan, Le Bélial’, 2017
Errant Perchoc (traducteur) 
8,90

 

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