Les Tripodes de John Christopher

Rien de tel qu’un bon livre de jeunesse pour rappeler à la Fille qui n’aimait rien le bon vieux temps. Béni soit l’époque où l’hydre décacéphale ne possédait que six têtes.

loisirs03010-1988La Trilogie des Tripodes n’est pas de première jeunesse. Le premier tome, Les Montagnes blanches parait pour la première fois en 1967 (1986 pour nos latitudes). L’École des Loisirs réactualise cette œuvre en publiant à l’automne dernier une intégrale. Le récit adopte une forme classique tout en abordant quelques éléments souvent mis de côté dans les œuvres dédiés à la jeunesse.

Tout commence avec Henry, il n’est ni orphelin ni voué à un destin particulier. Henry a quatorze ans et va bientôt être « coiffé » par les Tripodes comme toutes les personnes de sa connaissance. Dénué de talent, notre héros a tout de même fait le lien entre la docilité des adultes et le port de la coiffe. Suite à une rencontre, Henry décide de trouver un endroit où il n’y a pas de Tripodes.

Chaque tome correspond à une étape : la fuite, l’apprentissage et l’affrontement. Comme vous le constatez, cela correspond à un découpage classique de l’action pour une trilogie. Quelques éléments dans la démonstration démarquent Henry des autres héros pour la jeunesse.

Son parcours n’est pas déterminé par une prophétie ou par son lignage, mais par un choix politique : défendre la liberté. Ses alliés ne sont pas ses amis. Ils sont des personnes réunies par leur choix et leurs compétences. Henry s’allie très rapidement à sa Némésis. Leur relation est faite de suspicion, mais aussi d’interdépendance. Il leur faut surmonter leurs divergences tout au long de l’histoire. Cela crée de la frustration et des doutes.

Les Montagnes blanchesest une mise à l’épreuve du choix d’Henry. Il sera tenté de faire demi-tour à plusieurs reprises par peur ou par confort.

loisirs03110-1988L’engagement d’Henry contre les Tripodes l’amène à grandir et à changer. Il doit se discipliner pour apprendre de nouvelles choses (les langues et cultures étrangères), mais aussi pour travailler avec les autres. Notre héros n’est pas un leader. Il est un bidasse, un maillon d’une chaine plus vaste qui ignore souvent ses tenants et ses aboutissants.

John Christopher décrit la résistance de façon plutôt complexe par le petit bout de la lorgnette. Si Henry est souvent en première ligne, il ignore la globalité du plan et n’a pas contribué à l’élaborer. Son combat ne fait pas de lui quelqu’un d’exceptionnel.

On est donc loin du portrait du martyr sacrificiel et plus proche de l’individu courageux. L’auteur insiste sur un facteur déterminant dans la lutte contre les Tripodes : la chance. Quand on est en position minoritaire avec moins de moyens que l’adversaire, il ne vous reste plus que la chance pour vous en sortir. Cela donne lieu à quelques deux ex machina, mais cela reste plausible ou alors l’histoire n’aurait pas lieu.

Les Tripodes se révèlent une histoire classique avec un héros qui sort du lot, plus curieux et plus humble que ses comparses.

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Les Tripodes, John Christopher, L’Ecole des Loisirs, 2017
Traduction : Michèle Poslaniec
Illustration : Vincent Mahé
15€

 

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