Bilan Juin 2018

Faites vos jeux rien ne va plus. De l’afroféminisme au Young Adult, la Fille qui n’aimait rien opère une douce transition vers le chaos. Le chaos, c’est bien. Ca doit être un peu post-moderne. 

ne-suis-je-pas-une-femme-couv

Diviser pour mieux lutter

Avec Ne suis-je pas une femme?, j’atteins les limites de mon adhésion à certain courant antiraciste et féministe. Commençons par le commencement, la préfacière, Amandine Gay, ne parle que d’elle-même et oublier de contextualiser l’œuvre, une tare récurrente des préfaces, j’en conviens. 

Ensuite, l’éditeur et la traductrice ont fait le choix de l’écriture inclusive. Dans l’absolue, pourquoi pas? Cependant, il y a des mots qui se révèlent tout simplement imprononçables. La lecture devient pénible. Ce n’est pas une question d’habitude, ce n’est pas une question d’efforts à fournir. C’est une question de pratique. Le langage inclusif me parait, jusqu’à présent, plus théorique que concret or il ne devrait pas. On dira que la décolonisation de la langue est un processus long et encore imparfait. 

Enfin, et c’est la raison pour laquelle je ne suis pas allé au bout de cette lecture, les thèses de bell hooks ne m’ont pas convaincue. Ce livre est traversé par de grandes généralités, notamment l’idéalisation de l’Afrique avec un grand A où les femmes étaient choyés. On rappellera qu’elles ne se sont pas vendues toutes seules aux colonisateurs blancs. Le but de bell hooks étant de démontrer l’oubli des femmes noires au sein des luttes, elle énumère les défauts des dites luttes. Cela manque d’analyse. En restant du point de vue de la femme noire oubliée, on entre jamais dans le détail des groupes de luttes des hommes noirs ou des femmes blanches. Par exemple, bell books n’évoque pas la place de la religion, qui n’a jamais accordé une place importante aux femmes. Les mouvements féministes étaient menés par des bourgeoises désœuvrées qui n’avaient aucune intention de s’étendre aux classes inférieures. bell books dits bien des choses sur l’association de la lutte des classes et des races, mais c’est bien le problème: elle annonce, mais de démontre pas. 

Ne suis-je pas une femme? Bell Hooks, Cambourais, 2015
Préface : Amandine Gay
Traduction : Olga Potot
22,50€

41LBDqudbUL._SX355_BO1,204,203,200_Le troisième tome des Sœurs Carmines a réchauffé le cœur de la Fille qui n’aimait rien. La lutte en Grisaille se porte à merveille, surtout depuis que Dolorine enquête sur la disparition des fantômes depuis son pensionnat. 

Je redoutais ce troisième opus. Dolorine est une fillette et je craignais que le ton ne devienne trop enfantin et perde de son grinçant. Il n’en est rien. Par bien des façons, les thématiques sont plus sombres puisque les personnages sont confrontés directement à la mort. 

Je n’ai pas grand-chose de plus à ajouter à ce qui a été dit ici. 

Dolorine à l’école, Ariel Holzl, Naos/Mnémos, 2018
17€

002130850La Fille qui n’aimait rien voulait du Buffy, avec Jim Butcher, elle s’est retrouvé avec Macho Man. Merci, mais sans façon. 

Les dossiers Dresden, Tome 1, Avis de tempête, Jim Butcher, Milady/Bragelonne, 2010
Traduction : Grégory Bouer

 

album-cover-large-36203Grâce à Midnight tales, l’Hydre renouait enfin avec un univers Buffiesque. Midnight Tales fonctionne comme Doggy Bag, que je n’ai pas lu. Ce premier volume rassemble quatre nouvelles et demie. On y suit les aventures des Midnight girls, douées de pouvoirs elle protège le monde des créatures pas gentilles. Chaque texte met en scène des personnages découvrant l’un des aspects merveilleux de la vie adulte. Certains sont pénibles d’autre sont carrément glauques. La seconde nouvelle m’a mis une claque. 

 

Midnight Tales, Mathieu Bablet,  Gax, Elsa Bordier, Label 619/Ankama, 2018
13,90€

91qEV5eL3dLRien à ajouter.

Évadés de l’enfer, Hal Duncan, Folio SF, 2010
Traduction : Florence Dolisi
6€

 

goater74-2016

Rien à ajouter.

Grève infernale, Norman Spinrad, Rechute/Editions Goater, 2016
Traduction : Antoine Mottier
14€

 

54070

Je ne trouve toujours rien de merveilleux à ces textes.

La Choix, Paul J. MacCauley, Une Heure-lumière/Le Bélial’, 2016
Traduction : Gilles Goulet
7,90€ 

 

71JtNH9zovLTout débute avec la disparition et la résurgence d’une cité nommée Désolation. Lazlo Lestrange est obsédé par cette ville oubliée. De l’autre côté du monde, nous avons cinq survivants, cinq enfants des Dieux. Ils vivent reclus et prisonnier dans leur citadelle. Sarai peut visiter les rêves des mortels. Elle les envie tout autant qu’elle les craint. 

Le Faiseur de rêve aurait pu être un chef-d’œuvre proche d’un Kalpa Impérial, mais l’autrice s’obstine à construire une ligne narrative des plus convenue. En plus de ne fournir aucun effort pour sauver ses personnages des pires clichés, Laini Taylor sème des indices tellement énormes que la fin de l’intrigue nous apparait claire comme de l’eau de roche à mi-parcours. Les canons du Young Adults ne m’ont rarement autant sauté au visage : le point de vue adolescent, l’écriture ampoulée (« l’eau de pluie sucrée »), le faussement pudique (les interactions entre les personnages sont chargées de tension, mais on ne verra pas un bout de téton), la relation homosexuelle qui fait bien (mais purement décorative), la romance qui aurait dû être accessoire et deviens l’alpha et l’oméga du récit. Cela m’a donné envie de ressortir le bingo créé par Hugin & Munin. J’ai bon espoir que le tome 2 me permette de compléter la grille. Car oui, la Fille qui n’aimait rien lira quand même la suite. On n’est pas obligé de toujours lire de la grande littérature ou de la littérature tout court, même si ça participe au système de surproduction de merde. On fait ce qu’on veut, même si ça contribue à véhiculer des clichés néfastes, mais foutez-moi la paix. J’irai l’acheter d’occasion, voila! La merde de seconde main est inoffensive. 

Le Faiseur de rêve, Laini Taylor, Lumen, 2018
Traduction : Sarah Dali
16€

bingo

Un commentaire sur “Bilan Juin 2018

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :