Bilan de l’été 2018

Après quelques mois à chômer, la Fille qui n’aimait rien est revenue juger les vilains auteurs, pour le plaisir malsain des lecteurs qui se repaissent du malheur des autres.

9781781258620Les lectures de l’été ont débuté avec un tombereau de niaiseries dégoulinantes : Tous les oiseaux du ciel de Charlie Jane Anders. Dire de ce livre qu’il est gentil, c’est confondre la douceur et la stupidité. Il n’y a aucune raison pour qu’un lecteur accepte d’être pris pour un con, même avec bienveillance.

C’est d’ailleurs ce qui fait le charme du journal de Shaun Bythell. Il n’est pas le plus complaisant des libraires, mais il est juste dans son propos. Sans doute une nécessité pour la pérénnité de son commerce et de sa santé mentale.

Plus ou moins en même temps, je découvrais lanie Fazi avec Nous qui n’existons pas. Cela m’a beaucoup rappelé cette citation de Tennessee Williams : « La solitude est un sentiment partagé par tellement de gens que ce serait extrêmement égoïste d’éprouver sa solitude tout seul. » J’avais entendu cette phrase dans un épisode des Frères Scott. Je ne développerai pas plus ici, et vous renvoie à ma chronique.

51MA04CQH8L._SX210_Par la suite, je me suis attaquée à mes retrouvailles avec la fantasy et c’était bien agréable. Le Baiser du rasoir de Daniel Polanski n’est bien sûr pas une œuvre renversante, mais elle correspond à mes attentes en matière de littérature divertissante, c’est-à-dire qu’elle n’en profite pas pour me rabâcher des idées d’arrière-garde.

Deux abandons se sont enchaînés, comme autant de coups durs dans ma carrière de lectrice. C’est un échec. Comment ça, un auteur a écrit un livre tellement mauvais que même la Fille qui n’aimait rien ne parvient pas à aller jusqu’au bout ? En fait, non, mes abandons sont pires que cela. Ils sont tout simplement fades, sans goût et sans odeur.

Le premier à me laisser sur le bord de la route fut La Porte de cristal de N.K. Jemisin, la suite de la Cinquième saison. Après une centaine de pages, les personnages n’avaient pas repris leur place dans mon esprit. En même temps, l’action peinait à redémarrer, l’héroïne s’en fait elle-même la remarque. La poursuite de la description de ce monde est aussi subtile qu’une fiche Wikipédia. Le ton naïf de la narration a achevé mes efforts.

arton317-84e98Le second était plus attendu, puisqu’il s’agit du troisième livre publié dans la collection Rechute : De beaux et grands lendemains, parCory Doctorow. On y trouve les mêmes défauts de traduction, à un point où ce n’est plus drôle. Cory Doctorow essaye très fort d’être un militant progressiste et tout le tintouin. Il ne parvient qu’à être un conférencier proférant sa morale libertarienne, un de plus. La tentative de faire passer ses romans Young Adult pour des œuvres pédagogiques, en plus d’être une stratégie mercantile, est une insulte à l’intelligence du lecteur. Le YA est en vogue, si quelqu’un ne l’avait pas remarqué. Rechute tombe bien loin de son aîné.

J’ai rebondi avec Rouille, de Floriane Soulas, du Young Adult justement, de la littérature divertissante, justement… On obtient donc Martine au bordel. Le personnage principal, féminin et prostitué, est l’incarnation même de l’héroïne de romance, passive, mais langoureuse. Sans témoigner le moindre signe d’intelligence, notre fille de joie parviendra au bout de sa quête, grâce à son maquereau et l’un de ses nervis. Dans Martine au bordel, tout le monde est gentil, même celui qui te réduit en esclavage.

Ensuite, j’ai failli avoir un coup de cœur. Dès les premières pages, Matthew Crawforda su trouver les mots, mais comme toute passion, cet émoi fut de courte durée. L’auteur louvoie pour ne pas chanter les louanges du libéralisme, mais il y revient lentement… et sûrement. L’Éloge du carburateur conclut que le problème du marché libre est qu’il ne sert que de grands groupes. Si le libéralisme se mettait au service des artisans enrichis d’un raisonnable sentiment patriotique, alors tout irait pour le mieux. J’en doute fort.

From_hell_tpb.jpgSuite à cette cure libertarienne, j’étais donc plus que contente de découvrir Thierry Pelletier, auteur de deux romans chez Libertalia. Le premier, La Petite maison dans la zermi, raconte le quotidien d’un centre d’hébergement, entre les personnes à la rue, les toxicos, alcoolos et compagnie. Ces personnes qui regardent littéralement la société depuis le bas-côté. Le second, Les Rois du rock, revient sur la jeunesse de l’auteur dans les années 80, les beuveries, les crêtes et les concerts.

Ragaillardie par ces bonnes lectures, je me suis sentie prête àaffronter From Hell. Naïve que je suis. Ça ne s’est pas si mal passé, même si Moore ma perdue avec son parcours psychogéographique londonien et ses divinités.

Le mois va se terminer avec Le Cœur perdu des automatesdont pour l’instant, je ne sais que penser.

Pour les comptables, vous noterez que la moitié des livres lus jusqu’à la dernière page ont été aimés par la Fille qui n’aimait rien.

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