La dynastie des automates

71nuFfbnVCLDaniel H. Wilson est spécialisé en robotique et en intelligence artificielle. Il est l’auteur d’un dyptique : Robopocalypse (2011) et Robogenesis (2014) consacré à une révolte des robots, que je n’ai pas lu. Cette année, Outre Fleuve publie Le cœur perdu des automates (The Clockwork dynasty), qui selon la quatrième de couverture (qu’il ne faut jamais lire) se déroule en Russie au 19e siècle. Tout ceci est vrai, mais pas exactement.

Le cœur perdu des automates développe deux lignes narratives. La première, racontée au présent, nous permet de suivre une universitaire, June. La seconde nous entraîne effectivement dans le passé en compagnie de deux automates qui cherche un sens à leur vie.

L’histoire de June est la moins intéressante. Tout d’abord, c’est celle qui s’étale le moins dans le temps, et se résume à une suite de rebondissements violents. Je crois que Daniel H. Wilson est déterminé à être adapté, un jour, au cinéma, car cette partie ressemble plus à un scénario.

La richesse du roman se trouve donc dans cette deuxième trame en compagnie de nos automates. Helena et Pierre prennent vie dans un atelier en Russie, en 1709. Ils sont animés par leurs propres lois, logique pour elle et vérité pour lui, mais ces modestes consignes paraissent bien floues à la mort de leur créateur. Leur parcours est des plus intéressants, car il les amène à s’interroger sur leur place sur terre, sachant qu’ils ont tout le temps nécessaire pour répondre à cette question puisqu’ils sont quasiment immortels. Ce questionnement englobe leur rapport avec les humains : viles vermines ou espoir ?

On pensera sans aucun doute à Asimov, mais aussi un peu au personnage de Claudia dans Entretien avec un vampire (Anne Rice, 1976) puisqu’Helena est une automate coincée dans un corps d’enfant.

La dynastie des automates présente un bon potentiel que l’auteur semble se refuser à exploiter, trop préoccupé à boucler son scénario à grand renfort de scènes d’actions. Le lecteur reste frustré de ne pas explorer plus avant cet univers. Certains personnages restent cantonnés dans leurs fonctions alors qu’on leur imagine aisément une personnalité et une histoire plus complexe.

Le cœur perdu des automates arrive un peu tard pour sa saison, car il aurait satisfait les plagistes. De plus, un autre titre ne lui aurait pas fait de mal non plus, car il n’y a vraiment aucune romance dans ce livre.

Le cœur perdu des automates, Daniel H. Wilson, Outre fleuve, 2018
Traducteur : Patrick Imbert
21.90€

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