Baiser l’Amérique

61rIjL-XizLOn ne choisit pas toujours ses lectures pour de nobles raisons comme l’élévation de l’âme. Fuck America m’a interpellé par sa petite taille, sa prose expéditive et sa critique des États-Unis. En bonne stalinienne, ce genre d’approche me séduit toujours.

Je n’avais pas vraiment fait le lien avec Le conte de la dernière pensée du même Edgar Hilsenrath qui trône dans ma bibliothèque depuis quelques mois. Comme quoi, on peut être un bon soviet et ne pas avoir la lumière à tous les étages, d’ailleurs souvent… Enfin bon, bref, là n’est pas le sujet.

Les premières pages de Fuck America débutent par la correspondance entre le père de Jakob Bronsky, notre héros et le consul américain en Pologne. Le premier supplie le second de leur délivrer un visa pour ne pas être déporté, oui parce qu’on est en 1939. Le second explique au premier la politique des quotas, l’isolationnisme, prière de rappeler dans quinze ans.

En effet, quinze ans plus tard, la famille Bronsky, après un détour par un camp de concentration, arrive à New York.

Fuck America nous raconte la réconciliation entre le passé et le présent de Jakob Bronsky. L’écriture joue un rôle déterminant dans ce processus. Pourtant, ce n’est pas une réflexion sur la création. Jakob est un juif pauvre aux États-Unis et sa principale préoccupation n’est pas la page blanche, mais comment manger ce soir ?

On suit dans ses pérégrinations, ses jobs, ses coups assez peu glorieux, qui lui permettent de repousser les échéances, de gagner du temps pour écrire quelques chapitres de son premier roman « branleur ».

C’est drôle et douloureux. Les descriptions crues en laisseront quelques-uns sur le bas-côté. Ce n’est pas profond, plutôt un micmac de pensées sur le fait d’être un survivant, un émigré et un écrivain. Toutes ces identités cohabitent avec plus ou moins de joie pour Jacob Bronsky et le lecteur.

Edgar Hilsenrath est né à Leipzig en 1926 et décédé le 30 décembre 2018. Fuck America n’est certainement pas son chef-d’oeuvre. Nuit (1964), Le Nazi et le barbier (1977) et Le conte de la dernière pensée (1989) sont considérées comme ses oeuvres les plus marquantes. Elles sont toutes disponibles aux éditions du Tripode.

Fuck America—Edgar Hilsenrath—Le Tripode
Traduction : Jörg Stickan
11,50 €

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :