Mage à deux balles

albin_michel_imaginaire_peter_flannery_mage_de_bataille_tome_1Mage de bataille présente toutes les qualités du Pire roman étranger. C’est de la fantasy, auto-publiée dans ses contrées et l’auteur était très attaché à la représentation à l’échelle des dragons en couverture. Une touchante attention. Il ne faut jamais juger un livre à sa bure et il était encore possible de trouver sous cette hideuse parure un petit bijou.

Il pourrait embrasser toute l’armée de son étreinte mentale.

 

Il y a beaucoup de périphrases en cours dans la blogosphère pour dire d’un livre qu’il est mauvais. Ça se lit vite, tel personnage tertiaire est attachant, c’est un récit classique. N’insultons pas les classiques, même de fantasy. 

Ses yeux se remplirent de larmes en une véritable pluie purificatrice qui apaisa son âme.

Peter A. Flannery a lu Le Seigneur des anneaux et a décidé qu’il en deviendrait le héros. Il a donc rédigé une fanfiction, sans doute pas la pire. 

Notre héros est jeune, son père a jeté le discrédit sur leur nom et il va avoir la difficile tâche de laver son honneur. Toute ressemblance avec Aragorn, fils d’Arathorn descendant d’Isildur est fortuite. Sa mission va être retardée par la fuite d’Edoras et la bataille du Gouffre de Helm, ah non, pardon, la fuite de Caer Dour et la bataille dans une quelconque montagne. 

Le jeune Danté avait sondé les profondeurs du désespoir, et à présent il se sentait perdu.

À la suite de quoi, le roman s’arrête pour recommencer depuis le début. Notre héros, Falco, s’en va apprendre à devenir… mage de bataille, on ne s’en serait pas douté. L’ambiance se calque sur celle d’Harry Potter. Notre héros retrouve sa némésis. Heureusement, l’intrigue ne perd pas en intérêt puisqu’elle n’en avait suscité aucun, mais confirme son incohérence narrative. 

Ceci ne devrait pas nous distraire des qualités littéraires de cet ouvrage. Rédigé avec des pieds amputés aux deux tiers de ses orteils, Peter A. Flannery mélange les styles, un peu de soutenu, un peu de désuet, un peu de familier, mais jamais de vulgarité. Le plus dérangeant est sans doute les phrases très similaires à celle du Seigneur des Anneaux réparties un peu partout dans le roman. 

Quoi qu’il advienne ici, des jours sombres nous attendent. Tout ce que nous pouvons faire, c’est décider de la façon dont nous y ferons face.

Je n’ai rien contre les hommages et les clins d’œil de qualité, mais ce n’est nullement le cas ici. Au mieux, on peut concéder que Flannery a produit une fan fiction qui aurait su trouver une place honorable dans les espaces dédiés. Pour ce qui est des étals des libraires, ils s’en seraient passés bien volontiers. 

 Le chagrin lacéra son âme.

Mage de bataille, Peter A. Flannery, Albin Michel imaginaire, 2018
Patrice Louinet

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