Cure de Punkitude #3

Plus rien ne m’arrête, je suis BDgirl, le fille qui lit des BD. Je suis également Tanxophile. Parce qu’il n’y a que Tanx dans la vie, je me suis trouvé une autre œuvre : Velue, dernière BD de l’auteur en date aux éditions 6 pieds sous terre, comme d’habitude.

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Velue se lit vite, Velue est une histoire simple. Isabelle a une pilosité importante, issue d’un croisement entre son père, humain bien sous tout rapport, et d’une mère Yéti. Où est-ce le doux sobriquet que ses beaux-parents lui ont choisi ? Le père est bien sûr perdu face à cette anomalie monstrueuse. Isabelle n’est pas non plus une jeune fille facile. Elle n’est d’ailleurs pas une « jeune-fille ». Il y a aussi des punks chez les Yéti et par Punk j’entend des personnes prêtes à se confronter brutalement à notre chère société. Isabelle revendique son anormalité. Bien sur, cela ne se passe pas comme ça.

J’ai un peu penser à Charles Burns et son Black Hole, en moins long et larmoyant. Dans Velue, il n’est pas question de s’attarder sur la violence de la marginalisation. Isabelle n’est pas un personnage abattu, qui croule sous la méchanceté de ce monde.

Velue nous parle de la rage qui peut naitre en quelqu’un et d’un chemin sans compromission. Chaque péripétie engendre une révolte. Etrangement, c’est rafraichissant. L’histoire ne nous amène pas à ce plat constat que les gens différent sont mis de côté. Isabelle acte son rejet et agit en conséquence. On pourrait appeler ça « apologie du terrorisme », mais bon ça ferait trop de compliments pour une seule chronique.

Velue, Tanxxx, 6 pieds sous terre, 2015, 13€

Cure de Punkitude #2

Parce qu’il n’y a pas que Fabcaro dans la vie, la BD, il y a aussi Tanx. J’avais déjà lu Esthétique et filature, bof et Faire dans les morts déjà mieux. Des croutes aux coins des yeux est le résultat d’un travail plus personnel. Il s’agit de strip que l’auteur dessine le matin, tous les jours. On comprend bien vite qu’en faite c’est quand elle a le temps, si elle a le temps. Un peu comme, lorsque je me donne la mission de prendre une photo par jour, ce qui n’arrive pas, jamais.

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Des croutes aux coins des yeux parcourent quelques années, de 2005 à 2011. On y croise quelques évènements de l’actualité (« Comment devenir dangereux »), mais aussi les galères et les coups de gueule et puis les aventures du Far sud-ouest. L’exercice du carnet est assez répandu, les autrices comme Tanx un peu moins, du coup, on ne s’ennuie pas. On y trouve même une certaine énergie, un peu de désespoir, mais aussi les deux.

Le dessin se transforme, les formats se mélangent tout en maintenant une ligne bordélique. C’est parfait.

PS: Tanx a un blog ( et un tumblr, la meuf trop au sommet de la hypitude) super cool où elle publie des strips et où tu peux aussi te procurer des trucs super cool.

Des croutes aux coins des yeux, Tanxxx, 6 pieds sous terre, 2016, 18€

« Notre alimentation est constitué d’omega 3. Omega 3, ce qu’il fait à l’intérieur ce voit à l’extérieur »

Depuis que j’ai découvert Zai Zai Zai Zai, j’ai décidé de lire Fabcaro. Le monsieur s’est montré prolifique. Il est même l’auteur d’un roman Figurec, publié dans la collection Blanche de Gallimard, excusez du peu. Ce n’est pourtant pas de cela dont je vais vous parler, mais d’une courte BD paru en 2009 chez 6 pieds sous terre et qui se nomme La Clôture.

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La Clôture commence de manière brouillonne. Les saynètes s’enchainent sans prévenir et sans grand sens. Et puis, bien sûr, vous vous doutiez bien qu’il y aurait un « et puis bien sûr », les personnages reviennent se croisent dans les mêmes lieux. Une trame apparait. J’aime bien les trames, ça me donne la sensation que l’auteur a quelque chose de précis à me dire. C’est le cas. Bon, ce n’est pas précis. C’est un sentiment. Celui d’être débordé par la vie (l’AGESSA, la clôture). Tout se déroule comme dans un film où chacun oublie ses lignes, son rôle. Où va-t-on ? Nulle part. On n’a plus le temps d’y penser.
Les dialogues se confondent en slogan publicitaire. Nous sommes mangées.

Les thématiques présentent dans Zai Zai Zai Zai sont déjà présente : la consommation et la loose joviale. Personnellement, je m’identifie à ce récit. J’espère que je serais capable de rire de ma vaine errance sur terre.

La Clôture, Fabcaro, 6 pieds sous terre, 2009