Une autre histoire de l’édition française

une-autre-histoire-de-l-edition-francaiseOn n’en sait jamais assez sur le livre et l’édition. Dans Une autre histoire de l’édition, Jean-Yves Mollier nous propose de revenir sur la naissance du métier d’éditeur. Tout ne commence pas avec Gutenberg et l’impression de la Bible, Jean-Yves Mollier repasse tout de même sur cet évènement. Le rôle de l’éditeur est tout d’abord tenu par les libraires (diffuseurs), les imprimeurs ou encore l’auteur lui-même.

Au courant du 18e siècle, l’auteur a recours à l’auto-édition. Cela lui assure une maitrise de son texte. De plus, une partie d’entre eux étant issus de la noblesse, ils se refusent à occuper une activité rémunératrice. Pour les auteurs ne bénéficiant pas de rentes et espérant ne pas mourir de faim du fait de l’activité d’écrivain, ils leur restent le recours à un mécène. Une chose comique a ce sujet. Les auteurs et les mécènes tendent à défendre les mêmes idées et lorsque l’un tombe en disgrâce l’autre suit. Le droit d’auteur n’existe pas. Les écrivains vendent leur manuscrit. Certains imprimeurs les rémunèrent aux forfaits, surtout chez les auteurs jeunesse encouragés ou contraint à la graphomanie.

Les libraires, les plus amènent à comprendre les désirs profonds du marché, occupent également le rôle d’éditeurs. Leurs métiers sont soumis à l’achat d’une licence, permettant à l’état de surveiller la diffusion des textes. Chaque libraire ou imprimeur doit faire état de ses publications à venir. Cela facilite grandement le travail de la censure. Certains n’hésitent pas alors à trafiquer les éditions en indiquant un faux nom pour l’auteur ou un laissant croire que livre aurait été imprimé et diffusé à l’étranger. Les textes sont également peu protégés. Rien n’empêche les éditions pirates. Vous vendez votre manuscrit à X et découvrez quelques mois plus tard qu’Y a lancé sa propre impression de votre œuvre, ceci est légal.

En sortant des cours de français de lycée, on pourrait croire que tous le 18e siècle s’abreuvaient de la lecture des lumières. Faux. Les textes les plus répandus, à part la bible, sont les manuels scolaires et les encyclopédies. Le manuel scolaire a le vent en poupe grâce aux réformes de l’éducation lancée par l’État et Hachette impose déjà son monopole. Du côté des encyclopédies et dictionnaires, ce sont les livres à posséder dans votre bibliothèque. Les formats se diversifient et chacun y va de sa particularité : en 14 volumes, en 47 volumes, à visée plutôt républicaine ou plutôt catholique. On notera que la première encyclopédie de Maurice Lagache fut brulée pour ses penchants socialistes en 1852.

C’est avec le grossissement des entreprises, librairies ou imprimeries, que le rôle de l’éditeur va se distinguer. Pendant longtemps, les casquettes sont cumulées, la création de bibliothèques et l’entretien d’une écurie d’auteurs deviennent progressivement une activité à part entière. Cela s’accompagne de la disparition des salons littéraires à travers lesquels les auteurs faisaient relire leurs œuvres.

La corporation des métiers du livre s’organise pour peser sur le pouvoir politique et obtenir des licences de diffusions. Les accointances entrent les éditeurs et les politiques sont fortes. Elles le seront toujours. On arrive donc à la partie cocasse de l’histoire c’est-à-dire le moment où les éditeurs vont collaborer avec le IIIe Reich. Jean-Yves Mollier a une douce expression : l’habitus de servilité. Les éditeurs n’ont jamais été avant-gardistes de la révolution, du capitalisme peut-être. Cependant, on note que certains étaient animés par bien plus que de la docilité, mais une véritable conviction dans la justesse du régime nazi. Après le retour triomphant de la démocratie, le monde l’édition a courageusement augmenté son chiffre d’affaires. Certains éditeurs seront poursuivis en justice, mais pas trop longtemps et surtout ne seront pas condamnés. Par contre, beaucoup de propriétaires, juifs, de maisons d’édition ne retrouveront jamais leurs biens.

Les derniers chapitres sont consacrés à l’histoire contemporaine de l’édition que l’on déjà pu croiser dans L’Édition sans éditeurs (1998), le Contrôle de la parole (2005) ou encore L’Argent et les mots (2010) d’André Schiffrin. L’auteur nous annonce la disparition de l’éditeur, ce qui me laisse dubitative. Cela ressemble beaucoup à une énième annonce de fin du livre formulé autrement. Le géant du livre qui écrase tous les autres n’est plus Hachette, mais Amazon.

Un autre histoire de l’édition française n’est pas un essai à thèse, mais bien un rassemblement factuels très denses dans lequel on manque de repère à plusieurs reprises. Si l’on saisit bien les grands mouvements par lesquels passe l’édition, il est assez pénible de les traverser. Cette histoire de l’édition souffre d’un manque de structure ce qui rend difficile la compréhension des évolutions de l’édition.

Une autre histoire de l’édition française, Jean-Yves Mollier, La Fabrique, 2015
15€

L’édition sans éditeur (3/3)

Dans son troisième livre, André Schiffrin tente de trouver des pistes pour sauvegarder l’indépendance de la culture : il s’intéresse notamment au fonctionnement du Centre National du Livre et du Centre National du Cinéma en montrant que l’appui de ses structures est vital aux indépendants : mais il évoque un certain manque de partialité des commissions d’aide, composées de professionnels du secteur et d’universitaires, qui tendent à avantager les grands groupes, tout en n’ayant pas d’obligation de motiver les décisions prises. Les aides ainsi allouées sont également trop ponctuelles pour permettre l’établissement des plans sur la durée.

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En quête de système alternatif, André Schiffrin en vient à se tourner vers le vieux continent, notamment la Norvège. Le peuple norvégien est grand et se consacre à la lecture de la presse avec beaucoup plus d’assiduité que le reste de l’Europe et surtout des Américains. Du point de vue éditorial, l’état norvégien a mis en place un programme de soutien à l’édition indépendante. Non seulement il s’engage à acheter différents titres distribués aux Bibliothèques, mais aussi de favoriser les auteurs : 20 à 22 % de droits.
Bien sûr, le pays est assis sur une fontaine à pétrole, du coup, il est un peu facile de consacrer 11,3 millions à un programme de soutien à l’édition indépendante.

Enfin, ce pays a eu la grande idée dans les années 20 de privatiser ses cinémas. Cette décision est, aux origines, inspirées par la volonté des puritains de limiter l’influence du cinéma hollywoodien sur la jeunesse norvégienne. Aujourd’hui, elle pourrait servir à faire barrière à l’affluence toujours plus grande des grosses productions américaines et de maintenir une distribution décente pour les films nationaux et/ou indépendants.

On en arrive progressivement à la question de la distribution du livre. Aux États-Unis, cela ressemble à une blague. Lorsque l’on découvre qu’il ne reste plus de 3 librairies indépendantes dans tout New York, on pense à une coquille. Les grandes chaines de distributions spécialisées les ont écrasés, maintenant, ces chaines sont en train de se faire écraser par la grande distribution. On verserait presque une larmichette.

En conséquence, on remercie le plafonnement des loyers en France et surtout le prix unique du livre. Évidemment, la situation française semble paradisiaque. On va donc rappeler que le prix unique du livre a été menacé par Nicolas Sarkozy en son temps. Nous avons eu également une variation de la TVA. Surtout, ce courageux moment où l’état a voulu rendre les frais de port payant et qu’Amazon les a donc mis à 0,01 centime.

En matière de presse, Schiffrin part du principe que la concurrence d’Internet, notamment, soit telle que la solution consiste à faire des grands titres des journaux à but non lucratif, aidé par le gouvernement ou des fondations privées, avec l’obligation d’œuvrer « dans l’intérêt public » : il se base alors sur l’exemple anglais de la BBC anglaise, ou de la NBC américaine dans les années 30. À défaut, il suggère d’adosser les grands médias aux écoles de journalisme et les maisons d’édition aux universités, pour partager les dépenses.

C’est toujours selon ces critères qu’André Schiffrin a pu lancer The New Press, la maison d’édition créée après son éviction de Pantheon Books : hébergée par une université à ses débuts, et déclarée comme « Non-profit », statut qui lui permet selon la loi américaine des allégements d’impôts conséquents et de recevoir des dons de personnes privées.

Enfin, André Schiffrin conclut son ouvrage en abordant la question de la privatisation du savoir par le biais des vastes plans de numérisations de documents publics payés par Google, et dont les documents numériques qui en résultent peuvent être ensuite rentabilisés (et par exemple revendus aux bibliothèques). Le livre date de 2010, ce qui fait qu’on n’y parle pas du programme RELIRE de la BNF (un programme de privatisation des biens publics sous forme de vente à la demande des livres indisponibles)., mais nul doute qu’André Schiffrin l’aurait ajouté à la liste s’il l’avait connu.

En conclusion, André Schiffrin propose l’extension du service public aux livres, sans voir que ces services sont déjà gangrenés par des exigences de rentabilité. Il découverte d’un socialisme tardif et peut-être désespéré et du coup des solutions peu praticables. Ces trois essais exposent un processus de transformation du livre en produit financier au détriment de son contenu intellectuel sur une période de 40 ans environ. Cet abrutissement du milieu éditorial se produit sous la l’impulsion d’hommes qui ne se lassent pas de vanter leur absence de pratique culturelle. (« bien trop occupé pour lire un livre », Alberto Vitale, propriétaire de Pantheon Books, « ne met jamais les pieds dans une librairie », PDF de XO édition détenue par Editis et donc Planeta. L’imposition d’une logique de rentabilité perpétuellement plus élevée disqualifie le livre comme support d’une pensée intellectuelle, exigeante, critique bref libre.
Il existe bien des éditeurs indépendants. On peut toutefois s’interroger sur leurs conditions d’existences : les moyens de création de leurs livres, mais aussi leurs moyens de subsistance.

L’argent et les mots, André Schiffrin, La Fabrique, 2010.
Traduction Eric Hazan

L’édition sans éditeur (2/3)

Il y a quelques semaines nous découvrions L’édition sans éditeur. Ce petit livre avait été publié en 1998 à La Fabrique et nous parlait du contexte peu joyeux du milieu de l’édition. En 2005, à fin de se mettre à jour sur les dernières fusions-acquisitions françaises, André Schiffrin revient avec la suite: Le contrôle de la parole. C’est encore plus de joie et de bonheur.

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Cette fois le live démarre par la France. Dans son introduction, A. Schiffrin raconte la réception de L’édition sans éditeur en France, celui-ci avait été juge alarmiste. Il faut croire que non. Schiffrin nous explique que jusqu’en 2004 le marché français se découpe en trois tiers : Hachette, Vivendi et des maisons d’édition indépendantes. Cependant, cet équilibre qui laisse une bonne part aux indépendants (par rapport aux autres pays, non par rapport à un monde idéal) s’effondre lorsque les deux grands groupes – Hachette et Vivendi donc – décident de fusionner. Ils sont soutenus par l’état (Jacque Chirac alors Président) qui désire garder le milieu de l’édition aux mains des Français, le fait que les investisseurs de Hachette ne soient pas Français n’apparaît aux yeux de personnes. Ils trouvent également du soutien chez certains « intellectuels » pas tentés notamment Bernard-Henry Lévy.

Jean-Marie Messier est à la tête de Vivendi. Il est riche et désire profiter de son argent. Il suit le modèle américain et investit dans des signes de riches, vaste appartement, collection d’art, etc. Tout cela ne fonctionne pas parfaitement pour lui, mais c’est une autre histoire.

Pour ce qui concerne l’édition, la fusion n’est pas entièrement validée. La faute a Bruxelles. En 2003, le paysage éditorial ressemble à ça :

— Hachette Livre : 1 350 millions, détenu à 100 % par Lagardère
— Editis : 696 millions détenu par Wendel
— Media Participation : 300 millions détenue à 80 % par la famille Mortagne
— Flammarion : 225 millions détenu à 100 % par Rizzoli
Les indépendants représentent alors un peu moins d’un tiers.

Dans un second temps, Schiffin nous narre l’acquisition par La Martinière du Seuil. La Martinière est un groupe d’édition plutôt récent fondé en 1992 par rapport au Seuil en 1935. Hervé de La Martinière est un homme ambitieux. Il a dans l’idée de se faire de l’argent dans le milieu de l’édition. Ses fusions-acquisitions sont très risquées, car elle consiste principalement à racheter des maisons plus grandes (en CA) que la sienne. Arrivé au Seuil, La Martinière décide de scinder les activités éditoriales et de distribution de la maison. La seconde activité permettant souvent de renflouer la première, le Seuil se retrouve dans une situation délicate.

Nous poursuivons notre visite du paysage éditorial de la France avec les groupes d’armement Dassault et Lagardère. Ces derniers détiennent à eux deux 70 % de la presse. Les Français ne sont pas les seuls à faire face à « concentration » des activités aux mains d’un nombre réduit de personnes. André Schiffrin nous ramène aux États-Unis où la guerre a été déclarée à l’Irak. L’invasion américaine a le soutien de la presse. Car si l’état américain rechigne à distribuer des aides sociales, ils ne voient pas de souci à exercer des pressions sur des entreprises dont il est le principal client.

On le voit très bien en France, lorsque vous fabriquez des avions de guerre vos acheteurs potentiels sont limités notamment à l’état français et comme vendre ces produits est plus rentable que la vente de papier. Il est extrêmement tentant de soumettre ces activités de faible rentabilité comme les livres et la presse à fin de favoriser votre activité la plus rentable comme la vente d’armes.

Enfin et à fin d’achever le lecteur, le contrôle de la parole se termine par la question de la distribution, seul d’activité rentable de l’édition. Celle-ci passe aux mains des grands distributeurs et pas toujours spécialisées. Les hypermarchés se mettent à la vente de livre. Aux États-Unis où il n’existe pas de prix unique du livre, tout est permis et même Barnes & Nobles (la Fnac américaine) s’est plainte de la concurrence déloyale. De notre côté nous ne plaignons pas trop Barnes & Nobles, car cela ne leur paraissait pas déloyal d’appliquer les mêmes méthodes aux libraires. La méthode étant simple : s’implanter à proximité d’un point de vente de livre, vendre à prix bas, lorsque la librairie a fini de mourir augmenter les prix à nouveau.

Aujourd’hui, que sont devenus ces grands groupes :
Hachette Livres pèse 2 004 millions en 2014. Un CA qui émane à 35 % de la France et à 40 % de la littérature.
Filiales Françaises : Grasset, Grasser-jeunesse, Fayard, Stock, éditions JC Lattès, Calman-Levy, 2dition des 2 terres, Arlequin, Livre de poche, Audiolib, le groupe Hachette éducation, groupe Alexandre Hatier, le groupe Dunod (avec Armand Colin), le groupe Hachette Livre international, Hachette illustrée, Larousse, Harap’s et Dessain et Tolra

– Editis après avoir été racheté par Lagardère puis par Wendel investissement a été racheté en 2008 par le groupe éditorial Espagne Planeta. Ce groupe espagnol n’étale pas ses chiffres. Nous savons seulement, grâce à Livre-Hebdo qu’en 2011 Planeta avait un CA de 1 771 millions (source Livre hebdo) et Editis en 2009 un CA de 751 millions.
Editis regroupe : Place des éditeurs (13 maisons, dont Les presses de la cité), Le Cherche midi, Groupe Laffont éditeur (4 maisons), La découverte, Le Robert, Univers Poche (6 maisons, dont 10/18, Fleuve noir [devenu Fleuve ?], Pocket), le groupe Edit8 (dont Plon), Sonatine éditions, XO éditions, Bordas, Cle international, Nathan/Syros, Paraschool, Retz, Foreign rights (editis).

Le contrôle de la parole, André Schiffrin, La Fabrique, 2005
Traduction : Éric Hazan

L’édition sans éditeurs (1/3)

En 1999, les éditions La Fabrique nous offrent le premier essai d’André Schiffrin intitulé L’édition sans éditeurs. Pour la faire courte, ce petit ouvrage de 94 pages nous raconte l’écrasement des maisons d’édition indépendantes par des conglomérats d’entreprises convertis au capitalisme. Rien de bien surprenant de la part d’une maison d’édition engagée. Cette petite baraque a été fondée en 1998 par Éric Hazan. Ce dernier est issu d’une famille d’éditeurs. Il y a d’abord Emile Hazan qui crée les éditions Emile Hazan et cie éditeurs puis Fernand Hazan avec les Éditions de Cluny. Les deux maisons fusionnent après la Seconde Guerre mondiale pour devenir les Éditions Fernand Hazan. En 1992, Éric Hazan revend ses parts au groupe Hachette. 

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De son côté, André Schiffrin est le fils de Jacques Schiffrin fondateur des éditions la Pléiade. Le trajet des familles démontre quelques parallèles. Les deux familles sont juives et la Seconde Guerre mondiale mettra leur activité d’éditeur en difficulté. Au point que Jacques Schiffrin choisit l’immigration vers les États-Unis. Le livre débute sur l’histoire des Pléiades, tout à fait édifiante.

Arrivé aux États-Unis, Schiffrin père décide de reprendre ses activités d’éditeur et crée Panthéon Books. L’édition sans éditeur va retracer l’histoire de cette maison d’édition.

Il y a d’abord l’âge d’or, celle où les éditeurs font partie de la vie culturelle du pays. André Schiffrin y décrit la volonté d’influencer et de renseigner la population américaine. Il démontre aussi la possibilité de faire vivre des livres que l’on juge aujourd’hui « difficiles d’accès ». Selon lui, ce type de livre n’existe pas, cette expression qualifie simplement des livres que les gros éditeurs ne veulent pas se donner la peine de les faire vivre, car ils ne seront pas rentables.

Schiffrin nous parle de l’évolution d’un système, certes capitaliste, mais pas obsédé, dont le but était de créer des maisons d’édition capables de vivre, à un système dont le but est que chaque produit commercialisé engendre un bénéfice.

Schiffrin est loin de se concevoir comme un gauchiste ce qui ne l’empêche pas de publier des auteurs tels que Michel Foucault ou encore Noam Chomsky, une chose qu’il juge impossible aujourd’hui.

Aujourd’hui Panthéon books existe toujours. Ses publications ne sont pas honteuses puisqu’on y trouve Marjane Satrapi ou encore le dernier Mark Z. Danielewski (la maison des feuilles). Toutefois, la maison d’édition n’a clairement plus la même ambition.

André Schiffrin a continué d’explorer la question de la collusion entre le monde de l’édition et l’économie de marché à travers deux autres livres, toujours publié chez La Fabrique : le contrôle de la parole et L’Argent et les mots.

À suivre…